ART | EXPO

8.01.2011-05.03.2011

08 Jan - 05 Mar 2011
Vernissage le 08 Jan 2011

Deuxième volet de l’exposition dédiée aux artistes préfigurant le phénomène conceptuel, «8.01.2011-05.03.2011» est principalement axé sur des pratiques langagières.

William Anastasi, Billy Apple, Ben, Katinka Bock, George Brecht, Robert Filliou, Ludwig Gosewitz, Tomas Schmit, Franz Erhard Walther

8.01.2011-05.03.2011

Deuxième volet de l’exposition dédiée aux artistes préfigurant le phénomène conceptuel, «8.01.2011-05.03.2011» est principalement axé sur des pratiques langagières.

Perméable à une dimension ludique et facétieuse, le langage est soumis chez Robert Filliou (dont la Danse-poème constitue un clin d’œil à Duchamp), Ludwig Gosewitz et Tomas Schmit à une perspective interactive et alléatoire permettant au(x) spectateur(s) et lecteur(s) de parachever l’œuvre d’art, ce partage des responsabilités fragilisant un statut d’auteur, plus que jamais remis en question dans les années 1960.

Dans la Toile de 45 cm de long de Ben Vautier, l’artiste se contente de «replier» cette dynamique interactive. Les chiffres et les lettres ne s’ouvrent dès lors plus à une forme de participation et épousent un propos d’ordre tautologique, le mot et la chose formant une et seule entité, une toile de 45 cm de long nous étant effectivement donnée à voir.

Le propos de Barrie Bates est sensiblement différent. Bien avant d’œuvrer sous l’identité de Billy Apple («conçue» le 22 novembre 1962), Bates produit au début des années 1960 des travaux polygraphiques, s’articulant fréquemment autour d’activités (et non pas «performances») quotidiennes, qui associent textes et images. Dans un autre registre, For sale de 1961 cherche à contourner les codes de la publicité et du merchandising et affirme sans détours la dimension mercantile de l’œuvre, annonçant en cela les rapports souvent ambigus tissés par les conceptuels avec le marché et les stratégies de marketing.

Quant à l’œuvre de Franz Erhard Walther, les 100 Mittellinienzeichnungen («une» ligne médiane déployée sur cent cartes), elle ne peut jamais être vue dans sa totalité — le déplacement du spectateur implique un mouvement saccadé (dé)composé de multiples moments qui se succèdent —, et n’est pas sans évoquer les lignes de Manzoni, le caractère invisible en moins. Comme chez cette figure majeure de l’art préconceptuel, c’est au spectateur que revient la projection d’une ligne afin d’en dégager l’idée d’une «extension spatiale», qui, pour reprendre la formulation de Benjamin Buchloh à propos de l’Italien, «n’est plus accessible, si ce n’est conceptuellement».

Il a enfin semblé pertinent d’associer à l’hommage, pour ainsi dire, simultané de Walther à son confrère, l’œuvre de Katinka Bock qui relève d’une même inaccessibilité démontrant en conséquence que certaines questions posées par Manzoni n’ont rien perdu de leur actualité.

Commissariat: Erik Verhagen et Jocelyn Wolff

critique

8.01.2011-05.03.2011