ART | EXPO

Charles Lapicque. Une collection privée inconnue

20 Oct - 13 Nov 2022
Vernissage le 20 Oct 2022
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Christian Herren, conseiller en art présente dans sa galerie nomade des peintures et dessins de Charles Lapicque dont André Breton disait en 1961 qu’il était « parmi les dix plus importants artistes vivants ».

Peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale, Charles Lapicque (1898-1988), un scientifique qui deviendra peintre, est assis dans un avion à côté du pilote Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944). Au cours de ce vol, le jeune Charles Lapicque – mobilisé au Centre national de recherche scientifique de Toulouse – devait étudier l’effet des couleurs en vol de nuit et concevoir des motifs de camouflage. Ses théories sur les couleurs marqueront la peinture moderne. En 1961, André Breton affirma que Charles Lapicque était « l’un des dix plus importants artistes vivants ». Aujourd’hui, ses travaux semblent plus actuels que jamais.

Charles Lapicque. Un peintre « contemporain »

Après une domination de plusieurs décennies des arts abstrait et conceptuel, dans années 2000 la peinture figurative est revenue sur le devant de la scène, inspirée de la culture pop et de l’histoire de l’art, chères à Charles Lapicque. Ses œuvres réalisées entre 1939 et 1943 s’inscrivent dans le sillage de l’École de Paris de la peinture non figurative. Puis, en revenant à la figuration, il cultive une utilisation avant-gardiste des couleurs, souvent pures et directement sorties du tube qui se généralisera avec le pop art.

Au cours de ses soixante années de création, Charles Lapicque a traité en dessin et en peinture des thèmes tels que le paysage, l’histoire de l’art et l’architecture. Toujours proche du courant « Nouvelle figuration » de l’après-guerre, le style de Charles Lapicque est difficile à définir. Sa recherche incessante d’un nouveau mode de représentation et le contact avec la science évoquent une proximité avec les approches de l’art postmoderne et du bad painting.

Charles Lapicque. L’art et la science

Charles Lapicque a grandi à Paimpol et a suivi une formation d’ingénieur électricien tout en pratiquant la peinture en autodidacte. Découvert par la célèbre galeriste Jeanne Bucher qui l’a exposé avec succès, Charles Lapicque a associé l’art et la science. Sa thèse de doctorat en physique traite du fonctionnement de l’œil humain par rapport aux couleurs, ce qui se concrétisera pendant la guerre par la conception de motifs de camouflage et par l’étude des effets des couleurs vues depuis la perspective d’un avion. Après la guerre, Charles Lapicque se consacra exclusivement à la peinture.

Science et peinture

Le style de Charles Lapicque est soumis à de nombreux changements et innovations. Son intérêt pour l’effet des couleurs et les recherches scientifiques est une composante constante de son œuvre. Il se plonge dans les secrets des couleurs, en particulier à propos du rouge et du bleu. Il constate par exemple que le rouge, l’orange et le jaune créent une impression de distance, tandis que le bleu donne une sensation de proximité, de solidité. Cette compréhension des couleurs lance un défi à la peinture figurative traditionnelle dans laquelle le bleu est la couleur du ciel lointain et vaste.

Des dessins rares et intimes issus d’une collection privée inconnue

Dans l’exposition, outre quelques peintures et gouaches colorées, notamment Chasse au Sanglier, Christian Herren se réjouit de présenter surtout des dessins monochromes inconnus. Ces œuvres pleines d’élan, souvent déchirées lorsque Lapicque les jugeait mauvaises, sont très rares dans les collections privées et publiques : elles confèrent à cette exposition un intérêt particulier.

Charles Lapicque. Galerie Christian Herren. 6 bis, rue du Forez, 75003 Paris.

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