ART | EXPO

Voyage dans ma tête

12 Juin - 26 Sep 2010
Vernissage le 11 Juin 2010

Pour la première fois, la Maison rouge présente une facette importante et pourtant méconnue de la collection d’Antoine de Galbert, sa collection de coiffes ethniques regroupant plus de 400 coiffes, chapeaux, ou parures.

Communiqué de presse
Robert Malaval, Chantal Petit, Olivier Babin, Théo Mercier
Voyage dans ma tête

La collection de coiffes ethniques d’Antoine de Galbert
Co-commissaires: Antoine de Galbert et Bérénice Geoffroy-Schneiter

Pour la première fois, la Maison rouge présente, du 12 juin au 26 septembre 2010, une facette importante et pourtant méconnue de la collection d’Antoine de Galbert, sa collection de coiffes ethniques.

Débutée il y une quinzaine d’années, cette collection regroupe plus de 400 coiffes, chapeaux, ou parures. Ces objets d’usage rituel, social ou utilitaire, proviennent de peuples ou d’ethnies non occidentales. C’est un voyage sans fin effectué par un amateur passionné dans les formes, les couleurs et les matériaux dont se pare l’humanité.

«Être nu, c’est être sans parole»(Proverbe dogon)
Ce n’est ni une exposition d’ethnologie, ni une exposition d’art contemporain, ni une exposition de mode. C’est plutôt un voyage immobile autour du monde à travers la présentation de quelque 300 coiffes ethniques issues de la collection d’Antoine de Galbert. Une incursion poétique à travers un univers de formes, de matériaux et de couleurs, un inventaire de tous les possibles en matière d’usages et de rituels.

Transcendant les habituels clivages géographiques et temporels, l’exposition propose une lecture transversale à travers des thématiques universelles. Comme aime le souligner le collectionneur, les hommes des quatre coins du monde se couvrent la tête pour se protéger, s’embellir, parader…

Mais loin d’être de simples colifichets ou accessoires frivoles, les coiffes collectionnées par Antoine de Galbert sont des idéogrammes qu’il convient de déchiffrer, des cartes d’identité déclinant le statut et le rang, traduisant la place de la femme ou de l’homme au sein de l’univers.

Au-delà de la lecture « ethnologique » éclairant la symbolique et la fonction de ces parures (le pouvoir, le sacré, la chasse et la guerre, les rites de passage et de séduction), l’exposition invite aussi le visiteur à une plongée sensorielle dans des matériaux (poils, cornes, écailles, plumes, perles, fourrure, boutons, cheveux, crânes de singes, insectes…), provoque une expérience esthétique bousculant les habitudes visuelles (l’Afrique dialogue avec l’Océanie, l’Asie centrale avec le monde sibérien).

Telle coiffe du Paraguay tapissée d’écailles de crocodile se trouvera ainsi exposée aux côtés d’une coiffure composée d’une carapace de pangolin Benge de la République du Congo. Tel couvre-chef de guerrier Naga (aux confins de l’Inde et de la Birmanie) orné de défenses de sanglier et sommé d’un crâne de singe sera confronté à une sélection de coiffes africaines ou philippines sollicitant le même trophée animal.

Des séquences purement visuelles (véritables ponctuations dans l’exposition) seront également proposées au visiteur, telle cette série de coiffes en plumes d’Amazonie, cette sélection de bonnets perlés africains, ou bien encore cette thématique autour des parures faites en cheveux ou suggérant leur texture.

L’exposition se clôt par une vitrine regroupant des prêts exceptionnels consentis par les différents départements du Quai Branly. Une manière pour le collectionneur d’évoquer son rêve et son désir inassouvi de posséder de telles pièces, inaccessibles en raison de leur rareté et de leur caractère historique…

Les chapitres de l’exposition

— Au commencement est le cheveu: la frontière ténue entre coiffe et coiffure, entre naturel et artificiel.
— Le mimétisme animal: l’art d’amplifier son corps pour s’approprier les qualités de l’animal convoqué sous la forme de fragments (poils, griffes, cornes, becs, écailles, fourrure…).
L’omniprésence du sacré: coiffes de prêtres, d’officiants, de chamanes…
Chefs et couvre-chefs: coiffes, turbans et couronnes comme instruments de prestige et de domination sociale.
La parade militaire: chasseurs et guerriers, diadèmes et insignes de virilité.
— L’homme-plume: une promenade «en apesanteur» à travers ce matériau aux fortes connotations chamaniques.
— La séduction au féminin: les coiffes de mariage, la dialectique du voilé et du dévoilé.
— Coiffes «extravagantes»: des formes d’un design transcendant les frontières et les époques (chapeaux de protection, coiffes de deuil, diadèmes frontaux…)

La scénographie
Rompant avec les habituelles expositions d’ethnologie enfermant les pièces dans des vitrines et les classant par continents, l’exposition de la maison rouge présentera les coiffes sur de grandes tables métalliques, à découvert. Des thématiques seront déclinées, les matériaux et fonctions mis en avant. Un cartel déclinera l’identité de chacune des coiffes (sa provenance géographique, la culture qui l’a produite, ses matériaux, sa date lorsque cela est possible, son pedigree). Courant sur les murs, une frise de photographies d’archives évoquera la présence humaine et la façon dont ces parures étaient ou sont encore portées. Une peinture murale de Jean-Michel Albérola permettra au visiteur de repérer les ethnies sur une carte.

Enfin, quelques pièces d’art contemporain, dont un dessin de Robert Malaval, une vidéo de Chantal Petit, un néon d’Olivier Babin, une sculpture de Théo Mercier,… tisseront des affinités électives avec les coiffes exposées, reflétant ainsi la cohérence des goûts et la sensibilité d’Antoine de Galbert.

critique

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