ART | EXPO

Poétique d’objets

06 Avr - 15 Sep 2013
Vernissage le 06 Avr 2013

Cent ans après le premier ready-made de Marcel Duchamp, l’exposition «Poétique d’objets» offre un étonnant voyage dans l’art du siècle écoulé tout en explorant la manière dont les artistes se sont saisis des objets manufacturés et ont transformé profondément la nature même de l’œuvre.

Marcel Duchamp, Man Ray, Kurt Schwitters, Joseph Cornell, Arman, Dieter Roth, Raymond Hains, Daniel Spœrri, George Brecht, Robert Filliou, Rebecca Horn, Andy Warhol, Joseph Beuys, Wolf Vostell, Yayoi Kusama, Takako Saito, Jean Tinguely, George Maciunas, Présence Panchounette, Daniel Pommereulle, Niki de Saint-Phalle, Jacques Villeglé, Eric Rohmer, Martial Raysse, César, Marcel Broodthaers, Jannis Kounellis, Erik Dietman, Jean-Pierre Raynaud, Jean-Jacques Lebel, Tetsumi Kudo, Nil Yalter, Laurie Anderson, Tony Cragg, Hervé Télémaque, Sarah Sze, Dana Wyse, François Curlet, Esther Ferrer, Art Orienté Objet, Betty Bui, François Schmitt, Franck Scurti, Léa Le Bricomte, Fabrice Hyber
Poétique d’objets

Quelles relations les artistes entretiennent-ils avec les objets du quotidien? Comment ces relations ont-elles évolué depuis 1913? Détournement, destruction, métamorphose… que disent ces œuvres de notre rapport au monde? Comment passe-t-on d’une vision poétique à une vision politique du monde?

Les années 1960 et 1970 sont au cœur de l’exposition. Elles sont mises en écho avec les années 1920 et la période contemporaine. Des œuvres de Marcel Duchamp, Kurt Schwitters, Man Ray, Arman, Jean Tinguely, Niki de Saint-Phalle, César, Daniel Pommereulle, Erik Dietman, Hervé Télémaque, Tony Cragg… viennent ainsi croiser une création in situ de François Schmitt, colorée et poétique, et une immense installation aérienne, Everything that Rises Must Converge, de Sarah Sze, artiste choisie par les États-Unis pour les représenter à la prochaine biennale de Venise, qui investit le cœur du forum.

Le titre «Poétique d’objets», fait référence à Francis Ponge qui écrit en 1962 le texte «L’objet, c’est la poétique». L’artiste, selon lui, doit se confronter aux objets, des «objets subjectifs». C’est lui qui en «reçoit la charge», «accuse le coup».

L’introduction des objets dans les œuvres apparaît dès 1913 avec le premier ready-made de Marcel Duchamp qui, en transformant le statut d’un objet familier en objet d’art par un simple changement de contexte révolutionne la nature même de l’œuvre.

Kurt Schwitters développe, quant à lui, une œuvre que l’on peut caractériser par sa qualité d’impureté. Par le collage comme assemblage et contamination d’éléments de toutes natures, il fait exploser les limites de l’œuvre. «Créer du nouveau à partir du débris», selon sa formule, trouve un prolongement dans les années 1960.

Dans les années 1960 et 1970, le principe de métamorphose des objets devient fondamental comme en attestent Pas fini (1960) de Niki de Saint-Phalle, assemblage de miroirs, d’un nécessaire de maquillage et de pinceaux sur un panneau de bois, ou les Objets de prémonition de Daniel Pommereulle, pots de peinture transpercés de lames affûtées.

Entre poétique et politique, la relation des artistes aux objets vise moins à dénoncer une société de consommation qu’à organiser à travers eux un nouveau rapport au monde. Transformé et poétisé chez les artistes du Pop Art, l’objet convoque une mémoire, un rapport d’histoire parfois fictionnel chez les Nouveaux Réalistes.

Pour les artistes Fluxus, il est le témoin d’une réconciliation entre l’art et la vie. Il peut parfois devenir une arme de contestation, porteuse d’un message ou d’une revendication.

Dans les Chair Events de George Brecht, les objets deviennent supports ou résultats d’une action, lieux possibles de la fiction. Dans ces mêmes années, l’objet se lie étroitement au langage.

Chez Robert Filliou, la proposition linguistique tient lieu d’objet d’art, l’imagination et l’intuition sont placées au-dessus de l’objet artistique.

Quelles attitudes observe-t-on aujourd’hui vis-à-vis des objets? Celles-ci sont-elles politiques? Des années 1960, où production et productivité sont au premier plan des préoccupations, comment les artistes se situent-ils vis-à-vis des objets aujourd’hui?

À notre époque où l’on tente de recycler les déchets, certains artistes continuent d’entretenir une relation poétique aux objets, détournant les modes de fabrication ou le sens même des objets comme François Curlet et Franck Scurti, usant d’ironie ou d’humour comme Léa Le Bricomte et Betty Bui, réenchantant le monde comme Art Orienté Objet, posant un regard cynique sur notre société comme Dana Wyse ou questionnant notre frénésie de consommation comme Fabrice Hyber.

Ni chronologique ni anhistorique, l’exposition «Poétique d’objets» prend place dans sept des huit grandes salles de l’étage. Elle s’articule autour de sept séquences, chacune ponctuée par une œuvre de la série Chair Events de George Brecht:
— L’objet, c’est la poétique
— Enchantement
— Fétiches et totems
— Objets à penser… objets à panser.
— Objets poétiques/objets politiques
— Objets fiction
— Objets et industrie

Catalogue bilingue français-anglais de 250 pages publié aux éditions Dilecta.

Dans le cadre de Capitale régionale de la culture, Dunkerque 2013.

Inauguration de l’exposition Poétique d’objets
Samedi 6 avril 2013 à 15h
Performance d’Esther Ferrer dès 17h30