Niki de Saint Phalle

Niki de Saint Phalle

Niki de SAINT PHALLE — née le 29 octobre 1930 à Neuilly-sur-Seine (France) ; décédée le 21 mai 2002 à San Diego (USA).

Niki de Saint Phalle est une artiste moderne franco-américaine. Son œuvre se compose de sculptures, peintures, installations, films… Dans l’ensemble, elle est mondialement célèbre pour ses Nanas : des sculptures colorées de femmes voluptueuses et girondes. Niki de Saint Phalle rejoint le groupe des Nouveaux Réalistes en 1961. Elle fait ainsi partie des membres-clefs du mouvement.

Niki de Saint Phalle : peindre à coups de carabine et l’éternel féminin (actions, performances et sculptures)

C’est avec la série des Tirs que le travail artistique de Niki de Saint Phalle s’envole. Par-delà pinceau et dripping : peindre avec une carabine, c’est peindre avec une prothèse, à distance, dans un contact différé. Ces performances des Tirs (1961-1963) suivent un protocole. La préparation d’un support, enduit de peinture blanche ; la répartition de poches emplies de peinture ; le tir à la carabine sur ces éléments, avec éclatement des poches et dissémination de la peinture. En 1963, ce n’est plus avec de la peinture, mais avec une monstrueuse sculpture-assemblage qu’elle interroge les codes. La Mariée (Eva-Maria) forme une sorte de conglomérat à figure anthropomorphe difforme. C’est l’apparat du féminin voué à l’autel. Grillage, plâtre, dentelle encollée, jouets peints… Niki de Saint Phalle recompose le fantasme social du mariage pur et virginal, en robe de princesse et d’écume. Mais d’Aphrodite, ici, il ne reste que la coquille vide.

Nouveau Réalisme, monumentales Nanas et sculptures-architectures (fontaine, jardin et grotte)

L’œuvre de Niki de Saint Phalle est habitée par la figure du double. La double articulation entre Nouveau Réalisme et lutte pour l’émancipation féminine. La binationalité franco-américaine qui lui permet d’entretenir des ponts transatlantiques (entre Robert Rauchenberg, Jasper Johns, David Tudor, Pierre Restany, Jean Tinguely, Pontus Hultén…). Ou encore, le travail commun avec son conjoint, Jean Tinguely. La Fontaine Stravinsky (1983), située à côté de Beaubourg à Paris, est un exemple fameux de cette collaboration. Mais le travail de Niki de Saint Phalle, c’est surtout l’affirmation d’une singularité. Via la démultiplication, à partir du milieu des années 1960, de ces Nanas : des figures féminines colorées, solaires, dansantes, girondes et décomplexées. Puis via l’appropriation d’espaces par la production de sculptures-architectures. Le Golem (1972), le Jardin des Tarots (1979-1998), La Grotte (1999-2003)… L’œuvre de Niki de Saint Phalle déploie sa maturité dans l’architecture organique.