ART | EXPO

Nanas 60s – 90s

24 Oct - 31 Jan 2015
Vernissage le 23 Oct 2014

En parallèle à la rétrospective du Grand Palais, cette exposition présente un parcours à travers les célèbres Nanas de Niki de Saint Phalle, des années 60 aux années 90. Ces sculptures de femmes aux formes généreuses et ornées de motifs décoratifs très colorés, ont évolué au fil du temps dans leur forme et leur matière.

Niki de Saint Phalle
Nanas 60s – 90s

Niki de Saint Phalle est une artiste d’origine franco-américaine qui commence sa carrière comme peintre en 1950. Son travail s’oriente très rapidement vers les assemblages, les reliefs et la sculpture. En 1961, elle devient membre du groupe des Nouveaux Réalistes aux côtés d’autres signataires prônant l’appropriation directe du réel tels que Pierre Restany, Yves Klein, Arman, Jean Tinguely, Daniel Spoerri, Mimmo Rotella, etc. Pierre Restany parle d’un «recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire» (in 60/90. Trente ans de Nouveau Réalisme, édition La Différence, 1990, p. 76).

L’œuvre de Niki de Saint Phalle évolue au fil des ans et peut se découper en trois périodes distinctes. Les Tirs du début des années 60, performances durant lesquelles l’artiste et les spectateurs sont invités à tirer à la carabine sur des assemblages d’objets trouvés et de poches de peinture colorée recouverts de plâtre. Puis, dès 1965, des sculptures féminines, rondes et sexy qu’elle appelle les Nanas. Enfin, son art se déplace vers l’extérieur avec des grandes sculptures aux couleurs chatoyantes et brillantes, souvent monumentales et en collaboration avec Jean Tinguely: Le Cyclop à Milly-la-Forêt en 1969, La Fontaine Stravinsky à côté du Centre Pompidou à Paris en 1983 ou encore son chef d’œuvre auquel elle consacre les vingt dernières années de sa vie: Il Giardino dei Tarocchi (Le Jardin des Tarots) au sud de la Toscane (Italie) inauguré en 1998.

A l’occasion de cette exposition, la Galerie Mitterrand présentera un parcours à travers les célèbres Nanas, des années 60 aux années 90. Inspirée par le corps arrondi de son amie Clarice Rivers alors enceinte, Niki de Saint Phalle réalise, à partir de 1965, des sculptures de femmes blanches, noires, jaunes, aux formes généreuses, ornées de motifs décoratifs très colorés (principalement des fleurs et des cœurs). Au départ faites de tissus et de fils montés sur des carcasses métalliques, les Nanas deviendront de plus en plus sophistiquées. Leurs formes évoquent les Vénus du Paléolithique avec de petites têtes sans visage et des corps imposants.

Parfois réduites à de simples troncs comme dans la Nana boule (orange) de 1966-67, elles sont petit à petit plus graciles, retrouvent leurs jambes, grâce à l’utilisation de la résine de polyester qui permet plus de possibilités. A titre d’exemple, Dawn, réalisée en 1993, est une femme toujours généreuse mais avec un corps en mouvement, virevoltant sur un pied et défiant les lois de l’équilibre.

Les Nanas de Niki de Saint Phalle, monumentales ou miniatures, plutôt rugueuses ou plutôt lisses, sont aujourd’hui la signature de l’artiste, reconnaissable dans le monde entier. Elles sont le reflet d’une nouvelle vision de la femme apparue dans les années 60, des images fortes d’une féminité et d’une maternité triomphantes.

En 1974, les Nanas investissent pour la première fois l’espace public avec la commande de trois Nanas géantes par la ville de Hanovre. Ailleurs, La Grande tempérance et L’Ange protecteur veillent respectivement sur les habitants de la ville de Luxembourg et sur les voyageurs de la gare de Zurich depuis le milieu des années 90.

Niki de Saint Phalle est née à Neuilly-sur-Seine (France) en 1930 et décédée en 2002 à San Diego en Californie (Etats-Unis).

Vernissage
Jeudi 23 octobre 2014 à 18h