ART | EXPO

Oh quel beau déni que le débit de l’eau !

09 Mar - 21 Juin 2009
Vernissage le 07 Juin 2009

«Oh quel beau déni que le débit de l’eau !» est une synergie d’artistes dont les œuvres correspondent à l’actuelle question de l’eau. Un événement aux influences écologistes qui suscite des intérêts sur le devenir de la matière première.

Pierre Ardouvin, Per Barclay, John Batho, Jean-Luc Bichaud, Michel Blazy, Céleste Boursier-Mougenot, Thibault Cuisset, Marcel Dinahet, Sophie Dubosc, Philippe Durand, Laura Henno, Thomas Huber, Ellen Kooi, Pascal Lièvre, Pierre Malphettes, Olivier Masmonteil, Jean-Paul Ruiz, Emmanuel Saulnier, Hiraki Sawa, Muriel Toulemonde, Kathleen Wilke Feroze.
Oh quel beau déni que le débit de l’eau !

Les rapports entre l’eau et l’art commencent sans doute avec la tentative périlleuse de Narcisse, de s’approprier le pouvoir des images et donc celui du regard, contre la volonté des dieux, en le volant à cette eau génitrice. L’eau vive des sources, des fontaines et des rivières, celle mystérieuse des étangs et des lacs, ou celle inquiétante et fascinante de la mer, furent longtemps le prétexte ou bien la composante, à l’allure apaisée ou aux accents dramatiques, de paysages culturellement organisés ou
d’illustrations d’histoires mythiques.

À cette vision presque décorative d’une eau comparse ou repoussoir, les artistes contemporains, observateurs navrés de la disparition de « l’idée de nature », privilégient sur un mode souvent amusé voire ironique, le rapport à priori pragmatique, matériel, largement utilitaire et physique, d’une eau domestique, maîtrisée, asservie. Une eau qui circule où on lui dit d’aller, dans des canalisations parfois retorses, enfermée dans des bouteilles, substituts portatifs et ridicules des sources. Accumulée dans des aquariums ou des piscines: maquettes réduites de la mer.

Ceci n’évacuant pas les dimensions magiques que l’on retrouve dans des oeuvres qui associent sur le mode des curiosités, le scientifique au poétique, mettant en scène l’absolue plasticité du liquide, ou à ses transformations étonnantes sous l’effet des transitions de phase. Moins d’Ophélie, plus de nageurs ou de bricoleurs, qui ne font pas oublier, que sur l’autre versant de cette dimension pratique, l’eau, devenue un produit stratégique et rare, a perdu de son image conviviale, pour alimenter les inégalités et les rapports conflictuels.