PHOTO | EXPO

L’oeil photographique. Collection du Cnap

05 Oct - 09 Fév 2014
Vernissage le 05 Oct 2013

A l’occasion du 30e anniversaire de la création des Fonds régionaux d’art contemporain (Frac), le Centre national des arts plastiques (Cnap) et le Frac Auvergne s’associent pour une exposition de plus 90 œuvres abordant les différents statuts de l’image photographique, de sa dimension documentaire à son investissement fictionnel.

Yto Barrada, Eric Baudelaire, Philippe Bazin, Bernd Becher, Hilla Becher, Valérie Belin, Sophie Calle, Stéphane Couturier, Gregory Crewdson, Raphaël Dallaporta, Thomas Demand, Philip-Lorca di Corcia, Rineke Dijkstra, Véronique Ellena, Geert Goiris, David Goldblatt, Nan Goldin, Pierre Gonnord, Paul Graham, Philippe Gronon, Andreas Gursky, Camille Henrot, Yuri Kozyrev, Abigail Lane, Jean-Luc Mylayne, Nasa, Eric Poitevin, Sophie Ristelhueber, Thomas Ruff, Vivian Sassen, Zineb Sedira, Alan Sekula, Andres Serrano, Jeanloup Sieff, Cindy Sherman, Vincent J. Stoker, Hiroshi Sugimoto, Wolfgang Tillmans, Patrick Tosani, Jeff Wall, Xavier Zimmermann, Hocine Zaourar 
L’Œil Photographique. Œuvres de la collection photo du Centre national des arts plastiques

A l’occasion du 30e anniversaire de la création des Fonds régionaux d’art contemporain (Frac), le Centre national des arts plastiques (Cnap) et le Frac Auvergne s’associent pour une exposition exceptionnelle regroupant plus de 90 œuvres issues de la collection photographique du CNAP. Cette exposition propose d’aborder les différents statuts de l’image photographique, de sa dimension documentaire à son investissement fictionnel.

Axée sur un ensemble de notions empruntées à la physiologie oculaire (Fovéa, macula, cristallin, etc.), l’exposition décline également, sur un mode symbolique et poétique, les différentes fonctions de l’œil photographique dans sa capacité à percevoir le monde.

«L’Œil Photographique» n’est pas un projet fondé sur une perspective historique. Bien que la majorité des quarante artistes qui le compose soient d’ores et déjà inscrits dans l’histoire de la photographie de ces quatre dernières décennies, le propos n’est pas de rendre compte d’une historicité mais d’opérer de manière transversale un certain nombre de coupes ou de carottages dont l’objet consiste davantage à traverser quelques uns des territoires investis par le geste photographique. La géographie sera donc ici préférée à l’histoire.

«L’Œil Photographique» réunit plus de 90 œuvres de la collection du Centre national des arts plastique. Préférer la géographie à l’histoire implique de s’engager sur les territoires investis par l’image photographique à partir des particularismes de cette collection qui conserve autant les créations d’artistes consacrés internationalement que des photographies dont le statut est plus ambivalent, comme ces clichés rapportés de la planète mars par la NASA ou la célèbre et problématique Madone de Bentalha du photojournaliste Hocine Zaourar, pour ne prendre que deux exemples.

En second lieu, force est de constater que si la photographie a su s’imposer depuis les années 1970 comme genre à part entière, elle a longtemps fait l’objet de réticences et de rejets, tant d’un point de vue théorique que dans la perception populaire du médium lui-même. Ainsi, comme le rappelle Jean-François Chevrier, «les artistes de la génération conceptuelle utilisaient la photographie mais rejetaient l’idée d’une photographie d’art autonome.» En témoigne le titre d’un article paru en 1976 dans un dossier d’Artforum sur la photographie, «The Anti-Photographers» dont le sous-titre indiquait: «Pour tout photographe qui prétend réussir comme artiste, il y a un artiste qui court sérieusement le risque de se transformer en photographe».