ART | EXPO

Les Choses – Vol.2

15 Fév - 13 Avr 2014
Vernissage le 15 Fév 2014

Le deuxième volet de cette exposition, permet de poursuivre la réflexion sur l’utilisation de l’objet dans la production contemporaine, en présentant de nouvelles œuvres de la collection du Frac Franche-Comté, mais aussi d’autres empruntées aux Frac Bourgogne, Languedoc Roussillon et Lorraine.

Tony Cragg, Daniel Firman, Philippe Gronon, Bertrand Lavier, Perrine Lievens, Christian Marclay, Matthew McCaslin, Claudio Parmiggiani, Ruth Proctor, Man Ray, Yann Serandour, Christina Solomoukha, Patrick Tosani, Xavier Veilhan, Andy Warhol
Les Choses – Vol.2

Qu’il soit utilisé concrètement comme un élément constitutif de l’œuvre, qu’il soit extrait du réel, modifié ou transfiguré, ou plus traditionnellement, le support de représentations, l’objet occupe une place privilégiée dans la production contemporaine. Il est utilisé à la fois pour son pouvoir évocateur ou symbolique et ses qualités plastiques intrinsèques.

C’est avec les natures mortes et les vanités que les objets sont devenus un sujet central de la peinture au XVIIe siècle. Mais, il s’agissait essentiellement de représentations à forte connotation symbolique. Au XXe siècle, ils font matériellement leur apparition dans les œuvres. On se souvient notamment des collages cubistes qui s’emparaient de fragments du réel et les inséraient dans leurs toiles. Mais c’est Marcel Duchamp, en 1917, qui a été le premier à faire entrer un objet industriel dans le champ de l’art en lui conférant par sa seule décision le statut d’œuvre d’art. L’artiste a fait scandale à l’époque en présentant au Salon des Artistes Indépendants de New-York un urinoir signé «R.Mutt» auquel il avait attribué un titre: Fountain. Pourtant avec ce ready-made, l’objet — débarrassé de sa valeur d’usage — se voyait doté d’une plus-value artistique. Il participait au développement d’une réflexion sur l’œuvre comme objet unique et sur son aura.

Duchamp a ouvert une voie empruntée depuis par de nombreux artistes. Ceux-ci s’emparent des objets pour leur banalité, leur potentiel métaphorique, leur qualité plastique, leur dimension populaire, comme en témoignent les œuvres présentées dans l’exposition. Qu’elles soient la représentation d’objets anodins voire triviaux, qu’elles se construisent par accumulation ou collecte d’objets voués à la disparition, qu’elles empruntent au détournement, ces œuvres ouvrent sur des univers poétiques, oniriques, ludiques. Elles émettent un jugement parfois critique sur notre société de consommation et de production industrielle en série. Comme l’objet ne saurait être neutre, les artistes qui s’en emparent disent aussi beaucoup de leur conception de l’art et du statut de l’œuvre d’art aujourd’hui.

Pour son deuxième volet, l’exposition est augmentée d’autres œuvres provenant des collections des Frac Bourgogne, Languedoc-Roussillon et Lorraine. Enfin, une nature morte du Musée des beaux-arts de Besançon permet, dans une perspective historique, de souligner la fortune des choses dans l’art.