ART | EXPO

L’Ane musicien. Déchire tout et recommence!

10 Nov - 21 Déc 2012
Vernissage le 09 Nov 2012

«L’Âne musicien» propose, en trois volets, des réflexions, sans morale, sur les notions d’apprentissage, de compétence acquise ou partagée, et sur les questions de l’enseignement et de la transmission. Ce volet présente ce qu’il faut réinventer, reconstruire, faire ce que l’on peut avec ce que l’on a, en se débrouillant seul, ou presque.

Christine Borland, Robert Filliou, Tom Friedman, Gérard Gasiorowski, Le Gentil Garçon, Fabrice Hyber, Abraham Poincheval, Joe Scanlan, Walter Swennen, Lawrence Weiner
L’Ane musicien. Déchire tout et recommence!

«L’Âne musicien» fait référence à une fable de Phèdre relayé ensuite par Boèce et Abélard. Cette fable évoque un âne essayant de caresser de ses sabots une lyre abandonnée mais conscient de son incapacité en jouer. Cette image, reprise bien des fois en sculpture au cours des siècles dans l’Ouest et le Centre de la France, évoque l’ignorance, celle de l’homme charnel qui, par paresse spirituelle, ne veut et ne peut comprendre l’Esprit et les messages divins.
Si l’on doit reconnaître à l’âne en question une certaine modestie, tout au moins la pleine conscience de sa condition, ce qui est véritablement en jeu dans les représentations de ce type est bien l’exigence faite au chrétien de maîtriser ses comportements et de suivre avec humilité le chemin qui le mènera vers le salut.

Cette fable manifeste également toute la méfiance de la culture occidentale envers les artistes, ceux qui ne sauraient se contenter d’un monde qu’il faudrait accepter en l’état. L’âne, modeste, ne peut que renoncer à enchanter nos oreilles, le cadeau biblique de Caïn — fruit de son travail créatif sur la terre — fût implicitement méprisé. Il en était autrement de celui de son frère Abel, suffisamment sage pour (seulement) garder le troupeau qu’on lui avait confié.
Si la formule d’Abélard — « le lecteur qui tient un livre et n’en comprend pas le sens est comme un âne devant une lyre» — pourrait encourager certains à voir l’exposition comme une métaphore des rapports soi-disant distendus entre l’art d’aujourd’hui et le public, notre propos n’est, par ailleurs, pas une illustration renouvelée de la fable mais plutôt un prétexte à mettre en perspective les notions d’apprentissage et de transmission. (Patrick Perry)

Ce volet de l’exposition «Déchire tout et recommence!» présente des œuvres où à partir de rien ou de peu, il faut réinventer, reconstruire, faire ce que l’on peut avec ce que l’on a, en se débrouillant seul, ou presque.

Le titre des œuvres est souvent explicite (L’Héritage de Lascaux, L’Invention de la table, Les Régressions); les processus de fabrication bien visibles (les petits objets bricolés d’Abraham Poincheval). L’ensemble évoque presque nécessairement ce que l’on peut appeler le Low Tech, ou le Do it Yourself

Voir les deux autres volets de «L’Âne musicien»:
L’Ane musicien. J’m’énerve pas j’explique!
L’Ane musicien. Essaye encore tu vas y arriver!

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