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La région humaine, le ciel est bleu

05 Fév - 03 Avr 2021
Vernissage le 04 Fév 2021

A l'occasion de ses vingt ans, l'association Le Bleu du Ciel présente, au sein de l’exposition « La région humaine, le ciel est bleu », des artistes qui ont renouvelé la photographie documentaire. Entre témoignage critique et démarche esthétique, ils se font acteurs de changements sociaux.

L’association lyonnaise Le Bleu du ciel, consacrée à la photographie contemporaine documentaire, célèbre cette année ses vingt ans avec l’exposition  « La région humaine, le ciel est bleu ». Pour l’occasion, le directeur Gilles Verneret a rassemblé douze photographes qui ont accompagné les activités de l’association : Stan Amand, Philippe Bazin, Christophe Bourguedieu, Philippe Chancel, Julien Guinand, Laura Henno, Valérie Jouve, Mathieu Pernot, Catherine Poncin, Sophie Ristelhueber, Gilles Saussier et Bruno Serralongue.

« La région humaine, le ciel est bleu » : le nouveau documentaire social

Le « nouveau documentaire social » que défend Le Bleu du ciel désigne un ensemble de pratiques photographiques qui se situent à l’intersection de l’art contemporain et de la critique sociale. Cette démarche photographique, à la fois esthétique et sociale, tente de résister à la pléthore des images qui circulent et occultent les réalités du monde. Le « nouveau documentaire social » élève l’esthétique au rang de force sociale, qui attire l’attention sur des situations du monde d’aujourd’hui en se distinguant des banalités du marché mondial des images.

« La région humaine, le ciel est bleu » : entre analyse et beauté

Les photographes exposés au Bleu du Ciel abordent des réalités et des situations ignorées ou occultées. Dans un projet de nature anthropologique, « Cinq femmes au pays de la Lune », Valérie Jouve suit quatre palestiniennes dans leur région natale. La photographie Honguchu Hongu Tanabe de Julien Guinand, prise à Wakayama, au Japon, montre le flanc d’une colline complètement dépouillé de sa forêt en raison d’une logique urbanistique.

Quant à Mathieu Pernot, qui documente depuis vingt-cinq ans le quotidien des tziganes en Europe, sa photographie Le Feu, caravane (2013) d’un camping-car embrasé témoigne d’un rituel pratiqué chez les Roms qui consiste à faire brûler la caravane d’un défunt.

Le projet Spolia de Gilles Saussier consiste en une enquête sur le contexte de création de la Colonne sans fin du sculpteur roumain Constantin Brancusi : le travail des ingénieurs et des ouvriers, la révolution industrielle en Roumanie, l’effondrement du bloc communiste, la construction de l’Europe contemporaine et l’histoire de l’art moderne ne forment plus qu’un seul et même récit à travers ses photographies.