DANSE | FESTIVAL

Uzès Danse 2019

14 Juin - 22 Juin 2019

Festival de danse contemporaine, chaque année Uzès Danse présente un florilège de pièces ultra-récentes. Pour sa vingt-quatrième édition, Uzès Danse 2019 ne déroge pas à sa ligne éditoriale. Au menu : une douzaine de pièces, des bords de plateau, des ateliers, et beaucoup de déplacements chorégraphiques.

L’été est là et avec lui l’ostensible déplacement des festivals de danse vers le sud de la France. Fidèle au poste, le festival Uzès Danse s’apprête ainsi à lancer sa vingt-quatrième édition. Proposé par La Maison CDCN (Centre de Développement Chorégraphique National), Uzès Danse 2019 ne réserve pas moins d’une douzaine de spectacles au fil de ses cinq jours de festivités. Se déployant sur deux week-ends, Uzès Danse 2019 proposera également bords de plateaux, ateliers, balades performatives, installations et un grand bal d’ouverture. En somme, de quoi transformer la ville d’Uzès en lieu de danse contemporaine, le temps d’un festival effervescent. Au programme de cette vingt-quatrième édition, les publics pourront retrouver quelques-unes des créations les plus récentes de la scène actuelle. Avec des pièces de chorégraphes comme Pol Pi, Sorour Darabi, Sylvain Huc, Meytal Blanaru ou encore Aina Alegre.

Festival Uzès Danse 2019 : une douzaine de pièces récentes (2018-2019)

Après avoir fait sa première française aux June Events 2019, Aina Alègre reprendra La Nuit, nos autres (2019) à Uzès. Soit une pièce oscillant entre rituel collectif et interrogation des identités individuelles. Tout aussi curieux.se des images de soi et de leurs déformations, le-la chorégraphe et performeur.se iranien.ne Sorour Darabi présentera Savusun (2018) [Savušun]. Un solo autour des rituels commémoratifs chiites d’Iran (le Tazi ‘eh et la cérémonie de Sin ‘eh Zani), généralement menés par des hommes. Manifestations de deuil, de peur et de souffrance, Sorour Darabi en revisite les expressions. Avec sa présence chorégraphique aussi masculine que féminine, aussi intrigante que magnétique. Également attelé à questionner les notions de genre, le chorégraphe brésilien Pol Pi (Cie No Drama) reprendra quant à lui Alexandre (2018), en version solo. Précédemment connu sous les noms de Paula Pi, puis Paul/a Pi, avec Alexandre, Pol Pi explore le duel (grammatical) et l’androgynie.

La Maison CDCN accueille la nouvelle scène de la danse contemporaine à Uzès

Première française, le chorégraphe brésilien Thiago Granato présentera Trrr (2018). Soit le dernier opus d’une trilogie de soli, proposant des tandems imaginaires. Le solo Treasured in the Dark (2014) convoquait ainsi des chorégraphes décédés, Trança (2016) des chorégraphes vivants et Trrr des chorégraphes non encore nés. Autre jeu sur le temps : le trio We were the future (2018) de la chorégraphe israélienne Meytal Blanaru. Ici, c’est la mémoire des corps qui devient point de mire et lieu de reprogrammation. Proposant également un retour actif sur soi, le solo Lex (2018) du chorégraphe toulousain Sylvain Huc (Cie Divergences) explore la loi. Après avoir travaillé le collectif, avec Lex Sylvain Huc scrute ces réflexes, pulsions, désirs et assujettissements volontaires qui façonnent l’individu. Spectacle-exposition, l’artiste Laurent Goldring transformera pour sa part les corps en Fauteuils. Quant à la chorégraphe libanaise Danya Hammoud, elle présentera Sérénités, sous la forme d’étape de travail.

Une vingt-quatrième édition tournée vers la danse et la performance actuelles

Artiste associé à La Maison CDCN, David Wampach (Cie Achles) présentera Berezina (2019). Une pièce expressive et sensorielle, aux allures d’immersion subaquatique. Explorant quant à elle le rituel, Aurélie Gandit (Cie La Brèche) proposera Perchée dans les arbres (2018). Soit une création en forme d’enquête chorégraphique et textuelle, à la recherche de potentielles pratiques spirituelles féministes. Également sur le mode du déplacement, la chorégraphe belge Émilie Labédan (Cie la Canine) transportera les publics aux États-Unis avec 444 Sunset Lane (2018). Quelque part entre les années 1970 et aujourd’hui, dans la maison d’une petite ville, façon paradis doux-amer à la David Lynch. Dans un autre registre, Guillaume Marie, Roger Sala Reyner et Igor Dobricic (Cie TazCorp) présenteront Roger (2019). Un solo autour de la consolation, pour en réinventer les gestes à l’écart de toute instrumentalisation religieuse ou politique.

Vingt-quatre étés et toujours la même énergie : à Uzès, il n’y a pas que le musée de la célèbre marque de bonbons pour qui « c’est beau la vie ». Il y a surtout le festival Uzès Danse.