ART | EXPO

Voyage Sentimental 1

18 Juin - 28 Sep 2009
Vernissage le 17 Juil 2009

Voyage sentimental est un livre du XVIIIème siècle de Laurence Sterne. Quels sentiments nous inspirent les voyages, trois siècles plus tard, à l’époque du tourisme? Existe t-il encore des sensibilités proches de celle de Sterne? Ce sont à ces questions que l’exposition de la Maison de la culture d’Amiens tente de répondre.

Martine Aballéa, Jérôme Basserode, Sylvie Bonnot, David Claerbout, Patrick Corillon, Simone Decker, Jean Degottex, Luciano Fabro, Marcia Hafif, Marie-Ange Guilleminot, Bertrand Lavier, Barbara Leisgen, Michel Leisgen, Natacha Lesueur, Alicia Paz, Grazia Toderi, David Tremlett, Françoise Vergier
Voyage sentimental 1

La thématique qui sous-tend le choix des oeuvres pour cette exposition s’inspire du Voyage sentimental de Laurence Sterne, dont un des premiers chapitres se déroule à Amiens.

L’auteur anglais du XVIIIème siècle visite la France et l’Italie avec un esprit ouvert, observe et relate avec empathie des coutumes et des moeurs qui lui sont étrangères.
Il faut entendre le mot sentimental sous deux acceptions principales : la première concerne bien cet état d’esprit du voyageur curieux et épris du pays qu’il visite, la seconde est celle de l’homme amoureux, hanté par une liaison dont il se trouve éloigné, mais également réceptif à tout signe de sensualité émanant des rencontres féminines que son voyage lui procure.

La question que nous nous posons est la suivante: Le caractère sentimental, au sens où on l’entendait au XVIIIème siècle, est-il compatible avec la création d’aujourd’hui? Dans les collections constituées depuis un quart de siècle, peut-on y trouver quelque écho?

Il s’agit de tenter de trouver un climat, en rassemblant des oeuvres qui relèvent de notre temps, sans les détourner de leur sens premier.
Il s’agit de disposer côte à côte des oeuvres qui font écho à quelques caractères dominants du voyage sentimental: déplacement, rencontre avec des individus, des paysages, et sentiment d’un monde en marche, et d’éprouver une façon d’être au monde qui s’apparente, dans un contexte moderne, à celle dont se réclamait Sterne.

Pour peu qu’on l’entreprenne seul, le voyage, en nous arrachant à nos accommodements quotidiens, à la vertu essentielle de nous faire éprouver notre propre situation face à autrui, à la nature et aux paysages, à la marche de l’histoire et à celle de l’univers. Voilà pourquoi, dans cette exposition, il sera beaucoup question du cours des astres.

Hubert Besacier, commissaire de l’exposition, critique d’art, professeur à l’École nationale supérieure d’arts de Dijon.