DESIGN | EXPO

Biennale Émergences | Alix Desaubliaux

11 Oct - 24 Nov 2018
Vernissage le 11 Oct 2018

Artiste-chercheure, le travail d'Alix Desaubliaux oscille entre art, design et ingénierie. Développant une œuvre expérimentale, ses pièces mobilisent impression 3D, chimie, électronique, vidéo, jeux vidéo, céramique... Pour la Biennale Émergences, Le Pavillon lui consacre un exposition monographique.

Dans le cadre de la Biennale Émergences 2018, Le Pavillon de Pantin accueille une exposition monographique d’Alix Desaubliaux. Artiste-chercheuse à l’unité de recherche en arts numériques de l’ENSBA Lyon (programme doctoral de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts), Alix Desaubliaux cultive une pratique expérimentale et protéiforme. Une pratique qui conjugue arts, sciences et technologies. Jeux vidéo, impression 3D, céramique, vidéo, chimie, électronique… Alix Desaubliaux explore les rapports entre être humain et technologies nouvelles, au gré de dispositifs en forme de laboratoires éphémères. Biennale des émergences (métiers d’art, design, art contemporain…), la cinquième Biennale Émergences sera aussi l’occasion de goûter à de l’expérimental en train de se fabriquer. Deuxième exposition personnelle d’Alix Desaubliaux au Pavillon (après « Cybridations », en 2018), elle présentera sa série de Trophées (2015-2018).

Alix Desaubliaux au Pavillon (Pantin) : une exposition de la Biennale Émergences

Quand Alix Desaubliaux s’empare d’une technologie, c’est aussi pour aller y chercher de la singularité. Singularité qui souvent se loge dans d’infimes détails, voués à s’amplifier. Sa récente série Cristallistiques (2018), par exemple, se compose de grès, d’alun de potassium et de sulfate de cuivre. À partir d’un même modèle, Alix Desaubliaux a utilisé une imprimante 3D à céramique pour développer de petites formes. Imprimante 3D à céramique ? Oui : le résultat de l’une de ses recherches pour un travail antérieur (genèse_paysage.stl, 2017). Avec son imprimante 3D à céramique, Alix Desaubliaux a ainsi créé des formes censées être toutes identiques. Et toutes sont uniques. Couvertes de cristaux (sulfate de cuivre, aux tons bleutés ; alun de potassium, aux tons blancs), elles forment de petits monticules minéraux aux allures organiques. Remontant ce fil, la série des Trophées (ou Trophies), toujours en cours, s’éclaire d’un jour nouveau.

Alix Desaubliaux : des Trophées DIY (Do It Yourself), à imprimer en 3D

Recherche sur la forme, depuis 2015 Alix Desaubliaux compose ainsi des trophées. Qui ne couronnent rien sinon leur propre existence. Objet de gratification, récompense symbolique, le trophée est ici vidé de toute référence évènementielle. Couleurs, proportions, tailles : le trophée se doit d’incarner une idée de réussite. La forme du succès. Frisant la dérision, les Trophées d’Alix Desaubliaux sont librement accessibles sur son site, sous forme de fichiers imprimables. Une prolifération (potentielle et actuelle) qui confine à l’absurde, poussant à se demander si l’idée même de trophée ne serait pas un peu désuète. Par ailleurs, cette série résonne avec celle des Trophées trop faits de Réjean Peytavin (exposition « Interstices »). Œuvre processuelle et procédurale, Alix Desaubliaux trame ainsi une recherche alliant formes, stéréotypes, matières, méthodes et singularité. Du concept à l’objet, en passant par la machine : Alix Desaubliaux ne laisse rien au hasard.