ART | EXPO

Vincent Ganivet

30 Août - 17 Oct 2015
Vernissage le 29 Août 2015

Faits d’empilements de parpaings ou de briques, les œuvres-édifices de Vincent Ganivet dessinent un territoire à mi-chemin entre l’accident et l’équilibre. A la fonctionnalité potentielle de ces arcs, roues ou chenilles s’oppose leur inutilité effective: ces structures sont inutilisables dans l’état où elles nous sont présentées: simples objets de monstration.

Vincent Ganivet
Vincent Ganivet

Du 30 août au 17 octobre 2015, la galerie Gourvennec Ogor présente la première exposition personnelle de Vincent Ganivet à la galerie.

Vincent Ganivet (né en 1976) dessine un territoire à mi-chemin entre l’accident et l’équilibre, l’œuvre d’art et l’objet trouvé. Reprenant des formes élémentaires (le cercle) ou des principes architecturaux (la clef de voûte), il fragilise leur orthodoxie en les menant à un état d’instabilité.

«Les œuvres-édifices de Vincent Ganivet paraissent jaillir, pour certaines, de l’élan des premiers bâtisseurs: des constructeurs de tours et de ziggurats, de leur propension à se jucher sur leurs bâtiments pour s’élever vers le ciel. Sans doute, s’agit-il d’une aspiration humaine originelle de nature spirituelle, d’une propension à se dématérialiser — à l’image de la clef de voûte, qui, pour permettre aux arcs qui la soutiennent de tenir debout, se décharge sur eux de son poids et s’allège.

Pourtant ces savants systèmes, faits d’empilements de parpaings ou de briques, revêtent chez Vincent Ganivet un aspect paradoxal. A la fonctionnalité potentielle de ces arcs, roues ou chenilles s’oppose leur inutilité effective: ces structures qui pourraient abriter des milliers de personnes, peut-être les élever vers Dieu, transporter tant de marchandises, sont inutilisables dans l’état où elles nous sont présentées: simples objets de monstration. Et c’est l’une des raisons pour lesquelles les prouesses techniques de Vincent Ganivet deviennent des œuvres d’art au sens fort du terme: l’art ne se définit-il pas par son inutilité? La production de la beauté n’est-elle pas une fin-en-soi, une activité non fonctionnelle?» (Matthieu Corradino)