ART | EXPO

The Host and the Cloud

23 Oct - 27 Nov 2010
Vernissage le 23 Oct 2010

L’expérience The Host and the Cloud est une situation réelle, elle s’est déroulée dans un musée fermé situé au fond d’un parc d’attraction. Le film qui en résulte est un voyage dans l’esprit d’un sujet absent.

Pierre Huyghe
The Host and the Cloud

Sera projeté, le film The Host and the Cloud (2010) réalisé par Pierre Huyghe à partir des expériences live qu’il a conçues et filmées au cours de trois journées entre octobre 2009 et mai 2010 dans le bâtiment fermé du Musée national des arts et traditions populaires.

L’expérience The Host and the Cloud est une situation réelle, elle s’est déroulée dans un musée fermé situé au fond d’un parc d’attraction. Elle a été conçue pour un petit groupe d’acteurs placé sous certaines conditions, faisant face à différentes influences qu’ils pouvaient librement altérer et métaboliser.

L’expérience live a été suivie par des témoins à Halloween, à la Saint Valentin et le 1er Mai et a été partiellement enregistrée au cours de ses trois journées.
 
Alors que ce rituel se déploie, nous suivons la formation et l’apparition d’une pensée. Les rôles et les comportements des acteurs, ici, personnel du musée, changent au fur et à mesure de leur rencontre et exposition avec la collection des dispositifs, des situations et des fragments de récits hétérogènes. Ce film documente cette situation.

Désormais dans le conte du présent, le sujet n’est plus le protagoniste. La collection de ses personnages imaginaires, leurs configurations changeantes, réelles ou fictionnelles forment la situation qui l’a progressivement remplacé.



The Host and the Cloud est un conte, un voyage dans l’esprit d’un sujet absent. Les acteurs sont les différent aspects de cet esprit; la situation live, son mouvement et le personnage fictionnel qui apparaît dans ce film, l’alter ego, l’actualité dans le paysage mental de ce sujet absent. Un lapin blanc erre à présent dans le film de son imaginaire…

Filmé le 31 octobre 2009, le 14 février 2010 et le 1er mai 2010. Ce film de deux heures rend compte des trois situations au cours desquelles Huyghe a entrepris d’insuffler une temporalité et une dimension inédites, rythmées par des moments, des personnages, des actes symboliques.

Halloween, (31 octobre 2009): «La plupart des situations convoquaient à la fois l’enfance et le fantastique […] mais aussi des configurations de pouvoir. […] Soit des situations performatives, représentées mais pas toujours simulées. […] La tradition d’Halloween, dans laquelle les enfants frappent aux portes et font circuler un mythe de conjuration de l’errance et de la mort, était inversée : des adultes parcouraient un musée envahi par des spectres de l’actualité, de l’histoire ou du mythe, et dont le personnel fictif se prêtait à différents niveaux de représentations de la vie et de l’art.»

Saint-Valentin, (14 février 2010): «Les mêmes acteurs incarnaient le personnel du musée ou ces personnages masqués, tous occupés à disperser les niveaux multiples de la fiction dans le lieu. […] Puis une très jeune fille s’est avancée dans le hall et a évoqué ses premières émotions amoureuses […], les histoires ont cessé et le protocole de la représentation s’est rétréci autour […] de gestes amoureux. La projection d’ombre a repris, la répétition devint concert, tandis qu’une fête quelque peu orgiaque démarrait dans les sous-sols. La dissolution à l’œuvre dans les coulisses souterraines renvoyait chacun à sa propre scène intérieure.»

Fête du travail, (1er mai 2010): Huyghe a choisi de conclure ces expériences live le jour de la fête du travail, où traditionnellement l’activité suspend son cours. Un jour à forte valeur politique et sociale historiquement placé sous le signe du ralliement et mêlant toujours à son actualité fluctuante, une dimension mémorielle. « Le lieu ludique devient le lieu politique. La révolution de Huyghe se présente toujours à petite échelle. Il s’agit de prendre le terrain de jeu comme champ de bataille, pour changer ensuite les règles du jeu.»

Le temps de montage relativement court que s’est imposé Pierre Huyghe participe de cette expérience qui compose avec la hâte, l’arbitraire, jouant le jeu d’une forme d’écriture automatique de ce qui semble résister au récit et au rationnel. «Il y a là probablement la matière à une œuvre entière, comme si justement Huyghe avait voulu produire pour lui-même un matériau complexe dans lequel puiser ensuite. Un matériau extrait de zones inexplorées de son art comme de l’art de ses confères, […]. Inutile de chercher à qualifier ce que Huyghe a sans doute souhaité inqualifiable.»

En écho à The Host and the Cloud, deux nouvelles œuvres seront présentées, dont un masque, objet luminescent qui apparaît dans le film.

Projections du film à 16h et 18h30. Durée du film: 2h.
A compter du 26 octobre, 4 séances quotidiennes: à 11h, 13h05, 15h10, 17h15

critique

The Host and the Cloud