ART | EXPO

Tacita Dean, William Kentridge, Gabriel Orozco, Giuseppe Penone, Niele Toroni et Lawrence Weiner

24 Fév - 31 Mar 2012
Vernissage le 24 Fév 2012

Cette exposition présente des œuvres sur papier composées à partir de divers procédés: mêlant gouache, encre, crayon ou aquarelle, proposant des collages ou des peintures sur photo, ces créations seront également accompagnées de deux films réalisés à partir de dessins. Une démarche éclectique, qui nous permettra de naviguer entre plusieurs univers.

Tacita Dean, William Kentridge, Gabriel Orozco, Giuseppe Penone, Niele Toroni et Lawrence Weiner
Tacita Dean, William Kentridge, Gabriel Orozco, Giuseppe Penone, Niele Toroni et Lawrence Weiner

Au rez-de-chaussée de la galerie sont présentés Snowflakes (Lac Du Bourdon Été) et Mapa Corporal, 2008-10 de la série des Corplegados (2010) de Gabriel Orozco. Le nom de cette série est un néologisme de l’artiste en fusionnant «cuerpos plegados» (corps pliés). Afin de pouvoir les emporter avec lui en voyage, Gabriel Orozco a plié des feuilles de papier de grand format sur lesquelles il a ensuite appliqué aléatoirement gouache, encre, et même collé des éléments. Le verso du papier, empreinte du recto et image inconsciente de l’œuvre pour l’artiste, est visible grâce à un dispositif de présentation inédit. Les Corplegados font penser à des carnets personnels ou à des cahiers de notes dans lesquels seraient collectées toutes sortes de sources visuelles, d’idées soudaines, de pensées, de références matérielles et textuelles.

Les compositions sur papier de Lawrence Weiner, conçues en 2006 et 2010, associent l’utilisation de l’encre, de l’aquarelle, du crayon, ou même du collage. Ces six dessins allient tous le trait, la couleur et surtout le langage, caractéristique majeure du travail de l’artiste depuis toujours. «Une des raisons pour laquelle j’ai choisi de travailler avec le langage et d’autres matériaux est qu’à chaque fois une œuvre peut être reconstruite à nouveau. Le langage impose moins de choses». At the Same Time/Au même moment est le titre du statement présenté sur la porte-fenêtre de la galerie.

Deux pièces intitulées Miroir d’Eau et une Vert Wagon (1973) de Niele Toroni illustre parfaitement le processus créatif spécifique et radical que l’artiste a mis au point depuis ses débuts au Salon de la Jeune Peinture à Paris en janvier 1967. Les traits réalisés avec un pinceau n°50, que l’artiste qualifie «d’empreintes de pinceau», sont appliqués à intervalle régulier de 30 cm.

Pour l’exposition Tacita Dean a conçu cinq petits dessins/peintures sur photographies. Parallèlement à sa pratique cinématographique, l’artiste a pour habitude de dessiner sur des cartes postales chinées sur des marchés aux puces. Affectionnant particulièrement les arbres aux formes étranges ou tourmentées, elle peint à la gouache blanche, à l’aide d’un pinceau très fin, le contour des branches et l’arrière-plan des photographies.

Un dessin à l’encre et au crayon sur papier marouflé de Giuseppe Penone vient compléter cet ensemble d’œuvres. Figure centrale de l’«Arte Povera», l’artiste italien inclut depuis ses débuts dans sa pratique sculpturale celle du dessin pour laquelle il privilégie l’utilisation et l’évocation de matériaux organiques. A l’occasion de la réalisation de dessins à la mine de graphite en 2003-2006, Peau de graphite, Penone a souligné les liens entre le trait et le support, l’empreinte et la texture, le dessin et la sculpture; «sur la pointe du crayon, se reflète la peau de l’univers, sur la peau des mains, la surface de la sculpture».

Au sous-sol de la galerie, est présenté pour la première fois à Paris le nouveau film de William Kentridge, Other Faces (2011), accompagné d’une sélection de dessins à partir desquels il a été réalisé. Dans ce nouvel opus de la série de films Dessins pour projection débutée en 1989, nous nous retrouvons au cœur de la ville de Johannesburg en compagnie du personnage de Soho Eckstein en proie à de nombreux tourments (accident de la circulation, surgissement de multiples souvenirs). Comme dans tous les films animés de William Kentridge, les dessins au fusain prennent vie suite à une succession d’effacements et d’ajouts de traits révélant de manière onirique et narrative des aspects de la réalité sud-africaine.

La deuxième projection est celle d’un film muet de Tacita Dean, The Friar’s Doodle (Les entrelacs du frère) (2010) tourné en 16 mm et montré pour la première fois au monastère de Santo Domingo à Silos en Espagne. L’objet du film est un dessin qu’un frère franciscain avait offert à l’artiste alors qu’elle était adolescente et qui depuis a exercé sur elle une certaine fascination. Ce dessin, qu’elle a minutieusement conservé dans un livre tel un talisman, est devenu à ses yeux un symbole de la vocation religieuse et de la vie monastique.
«Le dessin n’a pas de fin. Son chemin qui se poursuit en lui me rappelle ce moine bénédictin de l’abbaye de Silos, qui marchait en rond, encore et encore, dans le cloître au dessus de nos têtes, comme ils ont dû le faire tous autrefois quand il leur était interdit de mettre le pied dehors– toute une vie définie par ce parcours accompli en marchant, comme on pourrait définir une vie par le tracé qu’on en dessine.»

Vernissage
le vendredi 24 février 2012

critique

Tacita Dean, William Kentridge, Gabriel Orozco, Giuseppe Penone, Niele Toroni et Lawrence Weiner