DANSE | SPECTACLE

Speechless Voices

23 Jan - 24 Jan 2020
Vernissage le 23 Jan 2020

Le titre du spectacle Speechless Voices – les voix sans voix – fait référence à la complicité artistique que la chorégraphe Cindy Van Acker partageait avec le compositeur Mika Vainio : une communication non verbale qui s'arrêta brusquement à cause de la mort soudaine de ce celui-ci. Le spectacle rend hommage à l'ami défunt.

Le projet initial du spectacle Speechless Voices incluait le finlandais Mika Vainio, compositeur de musique électronique avec lequel la chorégraphe flamande Cindy Van Acker avait déjà collaboré à de nombreuses reprises, mais qui décéda en 2017 dans un accident. Speechless Voices se transforme ainsi en un hommage au disparu et aborde la question douloureuse du deuil.

Speechless Voices : un tombeau artistique pour un ami perdu

Speechless Voices prend la forme d’un poème chorégraphique au cours duquel six interprètes dansent sur la musique de Mika Vainio. Le spectacle se déroule en trois temps, suivant les étapes du deuil. Un premier tableau se dessine sur scène dans une ambiance sombre et apocalyptique : l’annonce du décès plonge les corps dans une torpeur indépassable et les ampute violemment d’une part d’eux-mêmes.

« Le Soleil sera noir comme le trou dans mon corps », dit le poème récité dans le deuxième tableau, durant lequel les danseurs cherchent à verbaliser l’absence et le manque dans une ultime tentative de communiquer avec le mort. Comme Orphée jouait de la lyre en descendant aux Enfers retrouver son Eurydice. Les danseurs interprètent alors chacun un solo qui représente le chemin individuel du deuil. Enfin, le troisième tableau rassemble tout le monde comme pour un enterrement.

Speechless voices : une mise en scène aux influences picturale et cinématographique

Le style habituellement abstrait et géométrique de la chorégraphe Cindy Van Acker se teinte dans Speechless voices du figuralisme et du symbolisme de différentes influences artistiques. La scénographie s’inspire des œuvres du peintre contemporain Michaël Borremans. Les fonds de ses toiles deviennent ainsi les toiles de fond des danseurs, qui évoluent littéralement dans un environnement pictural sur scène. De même, certains rituels dansés par les interprètes s’inspirent du film Médée (1969) du réalisateur italien Pier Paolo Pasolini. Cindy Van Acker trouve également dans la phrase que ce dernier faisait dire au personnage éponyme du film Accatone, au moment de sa mort – «Sto bene. » « Je suis bien.» – de quoi sortir le rapport à la mort de la stricte affliction.