ART | EXPO

Show-Room #3

05 Déc - 28 Fév 2004

Actes poétiques et subversifs par trois artistes imposteurs. Raphaël Boccanfuso: vidéo sur la manifestation d’une «présence». Yann Toma: installation sonore qui redéfinit les codes du monde environnant. Zevs: kidnapping d’une affiche publicitaire.

Raphaël Boccanfuso, Yann Toma, Zeus
Show-Room #3

Le «Show-Room #3»: «Imposture légitime» (une expression empruntée au philosophe anglais Austin) présente une sélection des artistes de la galerie travaillant dans une sensibilité et un questionnement proches, au côté d’artistes-invités répondant aux mêmes préoccupations. Cette exposition met l’accent sur le caractère subversif et parodique de leur travail agissant dans des champs sémantiques différents.
Artiste-invité: Baptiste Debombourg
Des invités surprises interviendront à partir du mois de janvier.

> Derniers rappels, installation sonore de Yann Toma
Yann Toma revendique sans complexe «le faux et l’usage du faux et sans doute la valeur d’usage du faux» sans pour autant faire le deuil de la réalité. En effet, son travail, comme celui d’autres artistes de sa génération, repose sur le principe que le réel doit être recodé pour être pensé. Yann Toma a forgé son identité artistique en occupant le site de l’ancienne usine Ouest Lumière, pendant les années juste avant et juste après sa fermeture définitive. En récupérant des éléments d’archives de l’ancienne compagnie d’électricité au début des années 90, il s’est approprié un réseau symbolique, une infrastructure usinière dont il a fait son territoire de recherche et la matière même de son activité. Il s’agit avant tout d’un réseau immatériel que l’artiste a constitué patiemment, un réseau de résistance souterraine reposant sur la notion de mémoire. À travers le dispositif présenté pour l’exposition, l’entreprise fictionnelle de Yann Toma transmet son inquiétude et son impuissance face à une histoire en cours: une voix d’hôtesse de l’air feutrée et anesthésiante qui prononce sans discontinuer des nouvelles du monde qui nous environne; de petits avions jaunes en modèles réduits attendent un éventuel départ alors qu’un haut-parleur d’aéroport diffuse en permanence les stances prononcées par l’hôtesse; un organigramme de Ouest-Lumière a été disposé non loin de là; un moniteur vidéo retransmet sans discontinuer les allers et retours d’un pigeon voyageur emprisonné dans une cage.
www.ouest-lumiere.org

> Visual Attack, projection sur les murs de Paris de Zevs
Zevs commence à sévir sur les murs de Paris dans les années 1990. Il vient du milieu du graffiti. Son pseudonyme, il le doit au patronyme du RER auquel il a échappé de justesse un soir qu’il taguait dans un tunnel. C’est le tissu urbain qui constitue sa toile de fond. Anonymes et sauvages, hors circuit et drôles, les interventions gratuites dans l’espace public se multiplient, au point que «les impostures dans l’art contemporain» deviennent objet d’études. La pub et la mode, l’art et les médias se mélangent pour créer «une attitude» qui rappelle celle du pape du pop’art Andy Warhol. Alors tagueur ou artiste, esthète ou terroriste? C’est sur cette ambivalence que se jouent les interventions poétiques de Zevs.

> Transcommunication, film de Raphaël Boccanfuso
Projection le jeudi 15 janvier 2004 à 20h.
À première vue on est tenté de placer Raphaël Boccanfuso dans le registre de la dérision, voire du cynisme; ce qui pourrait le situer au cœur de plusieurs pratiques actuelles entre critique radicale et stratégies courtisanes. Car plutôt que de se cantonner à la situation bien connue de l’artiste assisté, Raphaël Boccanfuso préfère positiver les termes en «échange» empruntant les modèles des entreprises de communication, en l’occurrence ceux de la «publicité par l’objet».
Le dispositif de Transcommunication, est construit comme un reportage comprenant un film vidéo, une photographie et un écran de veille, la vidéo met en scène trois visions d’un «fait» photographique. La transcommunication est la manifestation non rationnelle, surnaturelle, visuelle ou sonore d’une présence, généralement d’un mort, par des moyens de communication et de transmission (radio, télé).

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Sylvie Rousselle-Tellier sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Show room #3