ART | EXPO

Rubik Space

24 Mar - 07 Mai 2005
Vernissage le 24 Mar 2005

Ses mosaïques envahissent les villes, Paris, Los Angeles, pour former un réseau de formes issues de la culture populaire et des jeux vidéos. Ces formes au langage universel, critiquent, par distanciation, les technologies. Elles proposent une promenade poétique dans nos villes, pour apprendre à les regarder différemment et en perturber la lecture.

Space Invader
Rubik Space

Nous avons tous eu l’occasion de croiser dans les rues de Paris des mosaïques à l’effigie des Space-Invaders. Le jeu d’arcade éponyme créé en 1978 par Toshiro Nishikado est entré, après un succès planétaire de près de 30 ans, dans la réalité de nos vies. Ses personnages et leur univers numérique sont déclinés depuis plus de cinq ans sur les murs des plus importantes mégapoles de la planète.
L’auteur de cette invasion mondiale, Invader, présente sa nouvelle exposition à la galerie Patricia Dorfmann, alors même que vient de sortir le deuxième volume consacré à son travail: Invasion Los Angeles.

S’appuyant sur un des phénomènes fondateurs de la culture populaire mondialisée lié aux nouvelles technologies, Invader a su élaborer une esthétique et un univers propre au langage universel. Ne se contentant pas d’illustrer une culture submergeante par une illustration murale, il fait véritablement oeuvre critique par une distanciation matérielle aux technologies. Il nous propose une promenade poétique dans nos villes et dessine son oeuvre par un système de réseaux très efficace.
L’ensemble de son travail in situ, constitué de centaines de spaces invaders qui nous surveillent du coin de l’œil, n’est pas sans rappeler la notion de «psycho-géographie» chère à Guy Debord et définie par Asger Jorn comme la «science-fiction de l’urbanisme». Ces figures pixellisées ne changent pas la ville, mais créent une turbulence dans sa lecture avant d’en redessiner le parcours. Elles sont comme des écrans qui nous relient à son travail, des points d’entrée dans son univers.

Chaque Space Invader est relié aux autres par la série (chacun étant unique et possédant un numéro d’identification), et renvoie aux différentes phases de l’invasion. Si chaque pièce est autonome, au sens où elle peut disparaître pour plein de raisons, elle ne peut exister seule. Son sens est d’être reliée au programme d’invasion, une sorte de dispositif articulé à entrées multiples: un réseau renvoyant au cœur même de son oeuvre constitué des guides d’invasions.
Et c’est bien sur ce modèle de réseau qu’Invader travaille. Non pas un réseau de plusieurs joueurs, puisqu’il agit pour l’instant seul comme artiste, mais comme réseau parallèle au «méta réseau» structurant notre société en mutation, celui de l’information. Car en effet, si le Pop art avait en son temps fait glisser la notion d’œuvre vers celle de marchandise par la généralisation de la reproduction mécanique, Invader met en avant la notion de dissémination comme point nodal de son oeuvre. Il souligne l’importante transformation de nos sociétés opérée par des réseaux informationnels, tout en ancrant son travail dans une réalité matérielle et humaine. Il joue de la dématérialisation des données en nous offrant une oeuvre qui utilise une technique ancestrale.

Cette nouvelle exposition est l’occasion de pénétrer encore plus loin dans son imaginaire. Invader nous ouvre tout d’abord un pan méconnu de son univers: les objets stickés. Jeu d’invasion collectif s’il en est, le sticker fonctionne à l’échelle planétaire comme un cadavre exquis de noms, de logos ou de formules diverses pour couvrir et transformer nos objets les plus banals en véhicules d’une nouvelle poésie urbaine.

Cette exposition sera également l’occasion de découvrir un nouveau territoire d’intervention: les Rubik-Spaces. Répondant à la fois à un fonctionnement logique et à un mode de pixellisation, ces nouvelles oeuvres ouvrent son travail à la sculpture, et offrent ainsi à l’invasion une troisième dimension!

Article sur l’exposition
Nous vous invitons à l’article sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Rubik Space