LIVRES

Quand Tosani photographie

Découvrir le travail d’un artiste par le regard des enfants. Récit et photographies permettent au jeune lecteur de suivre pas à pas le processus créatif du photographe Patrick Tosani. Une belle idée quelque peu gâchée par une conception graphique médiocre…

— Éditeur : Éditions du Regard, Paris / Scérén-Cndp, Paris
— Collection : L’atelier
— Année : 2002
— Format : 21 x 27 cm
— Illustrations : nombreuses, en couleurs et en noir et blanc
— Pages : 32
— Langue : français
— ISBN : 2-84105-147-1
— Prix : 10 €

Quand Tosani photographie
par Nadine Coleno (extrait, pp. 6-11)

Depuis quelques semaines, Patrick Tosani photographie les enfants de l’école des Charreaux, à Chalon-surSaône. Il a une manière très particulière de procéder puisqu’il place autour de leurs têtes des chemises colorées et parfois même des pantalons. C’est curieux, les pantalons ne sont-ils pas faits pour couvrir les jambes, les chemises le torse ? Quelle idée a-t-il derrière la tête ? Il ne s’agit pas de se déguiser, ce n’est pas Mardi gras. Il ne s’agit pas de faire quelque chose de drôle, ni de triste d’ailleurs, il s’agit de faire quelque chose de beau, de différent, d’original, ce n’est pas si facile. Découvrons ce que Patrick Tosani veut faire entrer dans l’œil de l’objectif, ce qu’il veut nous montrer, suivons le pas à pas… Pour ce livre, le photographe et ses modèles ont été photographiés ! Seules les images sous lesquelles son nom apparaît sont les œuvres de Patrick Tosani.

Tout d’abord, comment ces tissus mous, qui prennent la forme de notre corps, deviennent-ils suffisamment raides pour tenir, tout droit, autour de la tête ? Cette petite séance de travaux manuels est en fait une préparation minutieuse. Tout est là pour la transformation : colle, fil de fer, pinces et pinceaux vont faire de cette banale chemise l’un des éléments d’une future œuvre. En effet, Patrick Tosani encolle (enduit de colle) chaque vêtement, puis lui donne sa forme à l’aide du fil de fer. Lorsqu’elle sera sèche, seul le fil de fer du bas sera conservé, et la chemise restera gonflée comme si quelqu’un était à l’intérieur ! Mais il n’y aura personne… jusqu’à ce que…

Jusqu’à ce que débute la prochaine séance de travail. Un par un, les enfants passent une chemise autour de leur tête et posent pendant que leurs camarades, en attendant leur tour, observent et questionnent. Les lumières sont installées, Patrick, aidé de ses deux assistants, vérifie la tenue de la chemise, la longueur des manches, la couleur, la transparence… et le face à face entre lui et l’enfant commence. Il lui demande de le regarder ou de regarder loin derrière lui ou bien encore de fixer un point précis légèrement à gauche ou à droite, il lui demande parfois de soulever la chemise si celle-ci cache trop le visage; lui-même avance, recule, s’approche, fait un pas sur le côté, se baisse, se relève… Et bientôt, ce qu’il voit dans l’objectif lui convient, il appuie sur le déclencheur de l’appareil, les flashes s’éclairent, la photo est prise. Suivra une autre, puis une autre, puis une autre encore…

(Texte publié avec l’aimable autorisation des éditions du Regard)