ART | EXPO

Profondeur de champ

23 Avr - 28 Août 2016
Vernissage le 23 Avr 2016

Des œuvres récentes de Mounir Fatmi sont présentées dans l’exposition «Profondeur de champ» au centre d’art Labanque de Béthune. De saisissantes sculptures, photographies, vidéos et installations renversent les dogmes et explorent la sacralité et la violence de la société contemporaine.

Mounir Fatmi
Profondeur de champ

L’exposition «Profondeur de champ» à Labanque, à Béthune, regroupe des œuvres de l’artiste multimédia Mounir Fatmi: un ensemble spécialement réalisé pour Labanque et des installations plus récentes.

Des sculptures, photographies, vidéos et installations se concentrent sur la violence omniprésente dans la société actuelle pour s’interroger à travers elle sur le regard que l’on porte sur les œuvres d’art. Les œuvres de Mounir Fatmi incitent à évaluer la place du sacré dans le monde d’aujourd’hui et, dans cette perspective, poursuivent les réflexions du philosophe Ludwig Wittgenstein et de Georges Bataille.

L’exposition fait de ce dernier sa figure centrale, qui traverse l’ensemble des œuvres et les relie entre elles. Les limites du langage, la distance qui réside dans la perception, ce qui sépare le corps, le sexe, l’histoire et la religion sont autant de questions communes aux œuvres de Georges Bataille et aux œuvres de Mounir Fatmi.

L’installation Commerciale, composée de bouteilles d’eau bénite empilées dans des chariots de supermarché matérialise le mince fossé qui sépare les institutions religieuses de leur dévoiement par la société de consommation. Dans la sculpture intitulée Jusqu’à preuve du contraire, une multitude de néons forment comme une coulée de lumière provenant du plafond et s’étalant sur le sol. La lumière qu’elle propage constitue un piège visuel: on doit se rapprocher d’elle pour pouvoir lire la sourate 24 du Coran inscrite en anglais et en arabe sur les tubes lumineux, mais l’œil est aveuglé et ne parvient pas à fixer les mots qui passent d’une langue à l’autre. Le texte reste imprimé sur notre rétine et se retrouve projeté sur ce que nous voyons. La lumière, émanation divine, devient ainsi un vecteur d’illusion. L’œuvre Dead Language met en scène la désacralisation du sens et du langage par des fragments de calligraphie emprisonnés dans un rouleau de fil barbelé présenté dans des vitrines en verre, comme des reliques qui devraient être protégées mais qui ont perdu leur signification.

Deux photos de la série L’évolution ou la mort montrent de jeunes corps nus entourés de ceintures de livres retenues par du ruban adhésif imitant des ceintures d’explosifs. Elles désignent le savoir comme une possibilité d’évolution. Mais une violence sourde s’affirme dans chaque œuvre, motivée par un pessimisme particulièrement perceptible dans la pièce Les Ruines. Des ossements de deux squelettes éparpillés sur le sol sont poussés vers le mur par un balai surmonté d’un drapeau noir, tel le dernier acte d’une humanité aux batailles vaines.

Vernissage
Samedi 23 avril 2016.

Informations
Labanque
44, place Georges Clemenceau
62400 Béthune

A l’occasion de sa réouverture, Labanque propose trois expositions avec 3 artistes différents:

Mounir Fatmi, «Profondeur de champ»
John Davies, «Terrils d’Europe du Nord»
Michaële-Andréa Schatt, «Dépaysement»