ART | CRITIQUE

Pour l’été

PRaphaël Brunel
@15 Juil 2008

Malgré son absence de cohérence thématique, l’exposition collective «Pour l’été» à la Galerie Aline Vidal offre un best-of qui permettra au spectateur de découvrir ou de redécouvrir les artistes de la galerie.

Pour sa dernière exposition de la saison, et comme il est de coutume, la Galerie Aline Vidal propose une vue d’ensemble de ses propositions artistiques. Elle présente une ou plusieurs œuvres de la plupart des artistes de la galerie dans une exposition baptisée pour l’occasion « Pour l’été ». Des artistes confirmés et reconnus comme François Morellet et Jean-Luc Vilmouth voisinent avec des plus jeunes comme Lucien Pelen et Honoré d’O.

Le parcours de l’exposition est délimité par deux œuvres en néons. A l’entrée de la galerie, Jean-Luc Vilmouth propose une enseigne lumineuse et colorée au slogan existentialiste : Same Same but Different. Interrogerait-il la nature de l’art ? Sa capacité à détourner des objets et des formes du réel pour produire, comme dans les nouvelles de Borges, une altérité et une altération du référent ? Plus radicale, 4 à 4 de Morellet clôt la déambulation : quatre angles droits en néons se chevauchent sur une toile blanche. Un canapé permet de profiter pleinement de cette œuvre envoutante et énigmatique comme un jeu oulipien.

Entre les deux, une pluralité de médium se déploie et témoigne de la diversité des pratiques des artistes représentés par Aline Vidal. Avec deux pièces de petite taille, un quadrillage en fer à béton et une trame proliférant autour d’une branche, François Morellet s’immisce avec logique et subtilité dans les Rapprochements d’Etienne Présager.

Discrètement, des sculptures ponctuent l’espace comme les caméras en polystyrène d’Honoré d’O qui mettent, en fiction, le spectateur sous surveillance, rappelant ici une société de contrôle toujours plus habile à rogner les libertés individuelles. En agençant une ampoule, une soucoupe et un tabouret, Stéphane Tidet expose une œuvre énigmatique, d’une beauté simple comme le déclic d’un raisonnement, le eurêka enfin atteint. Jean-Luc Vilmouth propose une œuvre potache mais jouissive : un escadron de pigeons menaçants et déféquant, qui rappellera à plus d’un visiteur de mauvais souvenirs.

La photographie est également à l’honneur dans tout son simulacre. Les tirages de Patrick Everaert flirtent avec la peinture et Philippe de Gobert sème le doute sur la réalité des intérieurs qu’il photographie.

Notons enfin, la très belle peinture de Sigurdur Arni Sigurdsson, élégant jeu d’ombres et de lumières emprunt, malgré sa couleur vigoureuse, d’une certaine mélancolie tout comme les partitions de brin de blé de Herman de Vries.

Si «Pour l’été» ne constitue pas une exposition à part entière avec une cohérence thématique, elle offre au visiteur un best-of qui lui permettra de découvrir ou de redécouvrir les artistes de la galerie.

Jean-Luc Vilmouth
Same Same but Different, 2005. Néon. 100 x 40 x 1 cm
Sans titre, 1982. Pigeons en latex, table, encre et chapeau. 350 cm de haut

Patrick Everaert
Sans titre, 2004. Photo couleur. 65 x 65 cm
Sans titre, 2004. Photo couleur.120 x 67 cm
Sans titre, 2004. Photo couleur. 50 x 50 cm

Etienne Pressager
Rapprochements, 1998-2000. Aquarelles sur papier encadré sous verre

Sirgurdur Arni Sigurdsson
Sans titre, 2006. Crayon et aquarelle sur papier. 31 x 24 cm
Sans titre, 2007. Huile sur toile. 150 x 150 cm

François Morellet
— Reinforced concrete 45° – 55° – 65°, 2006. Fer à béton. 30 x 30 x 4 cm
Troquons n°1, 2005. Branche et crayon sur papier sous plexiglas. 39 x 39 cm
4 à 4 n°16, 2008. Acrylique sur toile, 4 néons. 190 x 122 cm

Honoré d’O
Trois pieds-à-taire, 2007. Polystyrène. 43,5 x 53 x 34 cm
—  Nature presque morte, 2005. Gaines en plastique
Little Quest Rest, 2006. Peinture, bois cartonné. 103 x 95 cm

Lucien Pelen
L’Arbre à bottes, 2007. Photo couleur. 80 x 80 cm
Les Bottes, 2007. Photo couleur. 80 x 80 cm

Philippe de Gobert
La Maison de l’Arbat, 2002. Bois peint. 42 x 80,5 x 55 cm
Mur en verre, 2008. Tirage en noir & blanc. 150 x 190 cm
Image détournée, 1995-2000. Reproduction n&b repeinte. 40 x 30 cm

Stéphane Thidet
Park # 1, 2005. Photo couleur. 60 x 80 cm
— Sans titre, 2007. Techniques mixtes. 80 x 33 x 33 cm
Refuge, 2006. Photo couleur. 80 x 130 cm

Miquel Mont
Réalisme du marché, 2006. 70 x 53 cm
Ils ne disent, 2007. 53 x  68 cm

Herman de Vries
Part, 2004. 50 x 70 cm