DESIGN | EXPO

Politique fiction

11 Mai - 06 Jan 2013
Vernissage le 11 Mai 2012

«Politique Fiction» propose de mesurer les relations qu’entretiennent les designers avec les utopies sociales et économiques. Métaphore de la dimension politique du design, les dessins, films, meubles, installations et manifestes sont exposés dans plusieurs alcôves sur un plateau circulaire tournant. Ce dernier défile lentement devant les visiteurs, offrant un voyage immobile au sein du design.

Enzo Mari, Marguerite Humeau, Noam Toran, Superstudio, Atelier Van Lieshout, Didier Faustino, François Roche, Noam Toran, Marguerite Humeau.
Politique Fiction

L’ambition de «Politique Fiction» consiste à déterminer quels principes fondamentaux ont été spécifiquement énoncés par le design et quels débats d’idées inédits il a su mettre en scène. L’exposition se situe à l’opposé d’un exposé de certitudes et de définitions. On a souvent simplifié le design à un phénomène de mode, ou à un sous-département de l’art ou encore à de l’architecture, on l’a aussi envisagé comme le reflet des tendances de son temps, un produit ou comme l’indice de l’évolution de la société. Or, il s’avère que le design et son histoire, est un engagement interprétatif et spéculatif, dépassant l’examen sociétal ou mercantile pour imposer un débat d’idées qui n’a, contre toute attente, aucunement perdu de la vivacité de ses origines.

«Politique Fiction» retrace l’histoire du design dans une perspective politique. Cette exposition remet en question les diktats de la technicité moderniste et son association au libéralisme auquel on l’associe fréquemment, et pose une autre hypothèse: celle d’un design et d’un designer irréductiblement engagé dès l’origine. Alexandra Midal, commissaire de l’exposition, évoque ce contexte dans cet extrait: «Quels liens unissent la politique au design? Comment penser une relation entre ces deux termes apparemment étrangers? Avec l’effondrement des utopies, avec l’effritement des valeurs de la révolution de mai 68 et avec l’avènement de l’idée selon laquelle rien ne peut être objecté aux principes de réalité, l’exposition «Politique Fiction» est une invitation à mesurer l’importance et le pouvoir de la fiction mis au service de la contestation par les designers.»

L’exposition met en valeur des personnalités diverses qui œuvrent dans le design et ses frontières, elle débute par la figure tutélaire et toujours actuelle d’Enzo Mari, opposée à celle des radicaux florentins de Superstudio; avant de montrer la pertinence d’engagements récents comme ceux de l’Atelier Van Lieshout, Didier Faustino, François Roche et son Agence R&Sie, ainsi que celle de Noam Toran ou Marguerite Humeau.