DANSE | SPECTACLE

Peuplé, dépeuplé

03 Mai - 03 Mai 2016
Vernissage le 03 Mai 2016

Le chorégraphe François Ben Aïm présente Peuplé, dépeuplé au Théâtre de Rungis. A la fois auteur et interprète, François Ben Aïm questionne dans ce solo la notion d’identité et le rapport à soi. Le danseur, en entrant en confrontation avec lui-même, cherche à faire le deuil de sa personne pour pouvoir renaître.

Ecrit et interprété par François Ben Aïm avec la complicité de son frère Christian, le solo Peuplé, dépeuplé se présente comme un autoportrait du chorégraphe. La pièce se joue de la question de l’identité et met en scène le rapport à soi. Ici, le danseur ne tente ni de mieux se connaître ni d’être en paix avec lui-même mais, au contraire, il cherche à en finir avec «soi», à se régler son propre compte. Il veut faire le deuil de ses certitudes et renaître. Dans cette épreuve, ce rite de passage vers un renouveau, l’interprète est soutenu par la partition d’Olivier Lété à la basse électrique et d’Emmanuel Scarpa à la batterie.

Pour vivre l’expérience jusqu’au bout et se décentrer de lui-même, François Ben Aïm est allé jusqu’à exclure l’intervention de toute volonté de l’écriture de ce solo. La pièce tire donc exclusivement son matériau d’éléments élaborés en rêve ou révélés sous hypnose. Le chorégraphe prouve ainsi qu’il est possible que l’intégralité de la matière chorégraphique prenne sa source au cœur de l’auteur sans que ce dernier ne puisse revendiquer aucune propriété. Le projet tient sa spécificité de cette proposition de ne rien vouloir créer et de chercher à ne faire émerger que des éléments préexistants.

Au centre de la scène se trouvent vingt-cinq cubes de hauteurs diverses. Ces cubes constituent un terrain à risque, un parcours semé d’obstacles, qui matérialise les strates fragiles de ce qui compose l’être. Ils sont de propriétés différentes: l’un, en terre, peut s’effondrer à tout moment quand l’autre se révèle finalement être une trappe. Ils permettent ainsi, comme dans un jeu de l’oie, la modulation des événements. Par une série d’épreuves et d’incidents, l’image de soi du danseur est d’abord ébranlée, puis elle s’efface peu à peu afin que l’homme puisse se reconstruire.