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Perpetual Ending

24 Mar - 29 Avr 2006

Pour sa deuxième exposition personnelle, Zeus, issu du milieu du graffiti, présente d’une part la série des «Ombres» et d’autre part «Perpetual Ending», les deux extrémités d’une même démarche.

Zeus
Perpetual Ending

Zeus est issu du milieu graffiti, il en a gardé le goût du risque et de l’anonymat. La légende veut qu’il doive son nom à un train qui a failli l’écraser alors qu’il taggait dans un tunnel. Depuis, il a évolué dans ses pratiques. Homme de la nuit, il lui a longtemps rendu hommage en révélant ses signes au grand jour. Feux tricolores, panneaux de signalisation, et même les statues du Pont du Carrousel ont ainsi vu leurs ombres cerclées de blanc et se sont ainsi inscrits durablement dans le bitume parisien.

«Flasheur d’ombres, pub killer, auteur de «Visual Rapes» et du «Visual Kidnapping» (Lavazza), Zeus jette cette fois son dévolu sur la télévision.

Pourquoi ce choix? Parce que celle-ci, plus que tout autre médium actuel, est celui par excellence de l’aliénation à l’image, le paradigme de notre mise à distance du réel. La télévision, en termes étymologiques, c’est la vision «qui se porte plus loin», ce à quoi le direct ajoute le principe d’instantané: un outil pour prolonger la vue ordinaire, permettant l’ubiquité du regard.

En termes de communication, c’est en revanche tout autre chose, en bien moins surhumain. Outil pervers que la télé, comme l’on sait. Loin que notre regard y scrute le monde via caméras interposées, ce sont le monde et ses appareils de domination qui, à l’inverse, viennent faire là le siège de notre vision. À quelles fins? Instrumentaliser, rendre la conscience «disponible» pour Coca Cola, comme a pu le signifier Patrick Le Lay, un des pontes de TF1. Machine de vision, la télévision est par vocation une machine à normaliser: elle ne prévoit pas le feedback, son message est unilatéral. Sauf à l’éteindre, il s’agit de l’endurer.

«Perpetual Ending» parle de cette soumission, de cet abrutissement, qu’accentue la surconsommation télévisuelle. La «Screen Civilization»? Autant dire la défaite du contact, de la présence, en plus de la dépendance. En l’occurrence, l’addiction à l’écran, cette fin de la liberté de choix, désigne notre dépendance aux messages télévisuels comme cette préférence donnée au signe de compagnie, la diffusion cathodique valant pour béquillage existentiel, élément clé, dorénavant, de nos «cultures d’ameublement».

En d’autres termes, le narcotique parfait vecteur d’une consommation compulsive, désinhibante et hypnotique. Avec cette conséquence appelée sans doute à durer, à perpétuité qui sait?: l’indifférence croissante au monde concret, vu de près, au ras des choses (…)».
Extrait du texte de Paul Ardenne «Perpetual Ending – les écrans, l’aliénation, un certain rapport au réel dechu à perpétuité».

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Maïa de Martrin sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

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