ART | EXPO

Paysages ahah

17 Oct - 14 Nov 2009
Vernissage le 17 Oct 2009

Bernard Voïta fait des photographies sans pour autant être cataloguer comme photographe. Précurseur dans ce travail sur l'ambiguïté et la manipulation du réel, l'utilisation de ce médium lui sert de témoignage à une pratique qui consiste à élaborer des assemblages en trois dimensions.

Communiqué de presse
Bernard Voïta
Paysages ahah

Fidèle à ses recherches qui intérrogent la representation depuis plus de vingt ans, les derniers travaux photographiques de Bernard Voïta témoignent d’un nouvel aboutissement par l’utilisation, pour la première fois, de la couleur.

Dans cette exposition intitulée «Paysages ahah», Bernard Voïta accentue l’effet de trouble en superposant deux images: l’une, imprimée sur verre, est une photo trouvée représentant une vue d’extérieur, l’autre sur papier, est une photo construite dans l’atelier à partir de matériaux de récupération.

Bernard Voïta fait des photographies mais doit-on pour autant le cataloguer parmi les photographes ? Précurseur dans ce travail sur l’ambiguïté et la manipulation du réel, l’utilisation de ce médium lui sert de témoignage à une pratique qui consiste à élaborer des assemblages en trois dimensions.

La photo n’est pour lui qu’un moyen plastique qui rend compte d’un dispositif et d’une réflexion sur le concept d’image et d’espace. L’artiste prend un malin plaisir à jouer sur la notion d’illusion qui repose entièrement sur le cadrage et le travail de l’image. Pour cela, il assemble des objets divers, le plus souvent ramassés dans la rue, pour créer des simulacres d’architecture moderne ou d’objets comme dans les séries sur les «cameras» ou les «transats».

Le regard chemine dans un univers étrange, à travers les plans et les espaces fondus, sans parvenir pour autant à comprendre, malgré certains indices, cette articulation déroutante. Au final, tout nous indique que l’image résulte en réalité d’un bricolage, d’un désordre savamment orchestré par l’artiste, destiné à nous perdre.

Dans sa dernière série, on bascule une fois de plus dans un univers purement mental où la vision du réel, représentée par un paysage coloré, fonctionne un peu comme un filtre et laisse entrevoir dans ses entrailles un espace virtuel.

«Ahah» ou «haha» est une interjection qui existe depuis le XVIIIe siècle pour designer une surprise ou événement dans un jardin. On prétend que le fils de Louis XIV, dit le Grand Dauphin, a fait donner ce nom à cette sorte d’ouverture qu’il aperçut pour la première fois dans les jardins de Meudon, et au sujet de laquelle il s’écria dans sa surprise: «ah ! ah !». Il s’agit en réalité d’un artifice visuel, d’un fossé creusé entre le jardin et le paysage alentour supprimant ainsi la coupure entre le jardin (lieu privé) et le paysage (espace public).

Vernissage
Samedi 17 octobre à partir de 14h.

critique

Paysages ahah