ART | EXPO

Passages

04 Sep - 09 Oct 2010
Vernissage le 04 Sep 2010

Roman Opalka conçoit depuis 1965 un projet qui programme toute son activité future de peintre. Il prévoit de transcrire la suite infinie des nombres naturels de toile en toile. Au même titre que les pages dʼun livre, chacune des toiles ne forme ainsi quʼune seule oeuvre, partie dʼun Tout, intitulée Opalka 1965/1 - ∞.

Roman Opalka
Passages

Yvon Lambert présente Passages la première exposition de lʼartiste Roman Opalka à la galerie Yvon Lambert, conjointement dans les deux espaces de la galerie à Paris et à New York.

Les vernissages auront lieux le 4 septembre à Paris, et le 9 septembre à New York. «Je voulais manifester le temps, son changement dans la durée celui que montre la nature, mais dʼune manière propre à lʼhomme, sujet conscient de sa présence définie par la mort: émotion de la vie dans la durée irréversible». Roman Opalka

Roman Opalka présente à Paris, pour la première fois une centaine dʼautoportraits ainsi quʼun ensemble exceptionnel de cinq Détails issus de son oeuvre
Opalka 1965/1 – ∞, suite infinie de nombres naturels, dont chaque toile est nommée par lʼartiste un Détail. La galerie Yvon Lambert expose cinq de ces Détails: cinq toiles représentant le passage vers le million suivant (999 999 à 1 million, … ). Lʼartiste présente également à New York, un triptyque composé de trois Détails consécutifs.

Roman Opalka conçoit depuis 1965 un projet qui programme toute son activité future de peintre. Il prévoit de transcrire la suite infinie des nombres naturels de toile en toile, chacune intitulée Détail, et toutes de même dimension. Au même titre que les pages dʼun livre, chacune des toiles ne forme ainsi quʼune seule oeuvre, partie dʼun Tout, intitulée Opalka 1965/1 – ∞.

Roman Opalka a peint le chiffre 1 en haut à gauche dʼune première toile, en blanc sur fond noir. Débute alors ce quʼil nomme son «projet de vie». Si le début de cette oeuvre est fixé, à la fois temporellement et par unité de base, sa fin reste ouverte, elle correspondra à la mort de lʼauteur.

La conscience de sa propre disparition ne peut être transcendée à ses yeux que dans cette «mise en corps» de la peinture. Pour Opalka, le temps nʼest que «un». Lʼartiste, ne transcrit pas de dates, loin dʼOn Kawara (dont il précède la démarche), il cherche à traduire le temps par la suite des nombres.

Les nombres conservent chez Roman Opalka leur qualité plastique de signe graphique comme leur puissance symbolique. Pour lʼartiste dʼorigine polonaise, le pinceau n°0 chargé de peinture blanche sert de retranscription visuelle des nombres prononcés à voix haute par lʼartiste dans sa langue maternelle et enregistrée sur bande magnétique.

Après chaque séance de travail, Opalka se photographie face à la toile, habillé dʼune chemise blanche et sous un éclairage puissant, toujours identique. En 1972 Roman Opalka décide dʼintégrer un élément nouveau qui consiste à traiter les fonds noirs en additionnant, à chaque nouvelle toile, environ un centième de peinture blanche. La progression vers le blanc sur blanc, en tant que phase ultime et indépassable, est ainsi programmée. Cette lente progression vers le monochrome blanc, fusion de la forme et du fond, instaurée par ce rituel quotidien de lʼartiste se fait dans la plénitude apaisée de celui qui a su donner une sûre orientation à sa recherche, une recherche sur lʼhomme face au temps.

critique

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