ART | EXPO

Nwsfrmnwhr

15 Mar - 17 Mai 2008
Vernissage le 15 Mar 2008

Julien Audebert met en scène à la galerie Art : Concept les utopies sociales de l’Histoire à travers une installation de photographies et de textes.

Julien Audebert
Nwsfrmnwhr

Julien Audebert s’intéresse aux notions de temps et de lieu et, plus précisément, pour sa première exposition personnelle à Art : Concept, au « nulle part », dans le sens étymologique d’utopie.
Pour cette exposition, Audebert a développé deux éléments de sa pratique : la reproduction de textes historiques d’utopies sociales et la réalisation de photographies composées de plans fixes de conflits extraits de films sur les insurrections révolutionnaires.
Le rôle de la source est essentiel dans son travail. Des films, des textes ou des livres sont le point de départ d’une démarche de reconstruction soit dans les images soit dans la forme écrite. L’artiste devient historien construisant des narrations et des liens entre les événements passés, mais, comme l’historien, il se trouve face à l’impossibilité de créer une réalité à partir de cette collecte d’éléments.

Les textes utilisés par Audebert, pour dépeindre l’utopie, sont tirés de livres de Thomas More à Fourier et présentent sur une seule aire la vision utopiste qui a trouvé son essor à la Renaissance. Ils sont techniquement ingénieux et complètent la dialectique inhérente à sa pratique : des visions lisibles opposées aux lectures visibles que l’artiste présentent dans ses photos.

Sa conception de l’utopie est fondée sur la connaissance inachevable, « un paradis perdu qui apparaît projeté dans l’avenir. »  C’est une sorte de terre paradisiaque que le spectateur peut ressentir, un nulle part d’images irréelles et de terres utopiques aux multiples interprétations.
« J’ai été guidé surtout par l’idée d’avoir le monde chez soi, (le principe du cabinet de curiosité, du collectionneur d’une certaine façon) – une collection d’utopies, de « pensées du monde ».
« Nwsfrmnwhr » est une exposition emmurée dans le « white cube » comme un paradis, et ouverte comme une fenêtre sur un passé historique et vers un futur construit. Les traces fossilisées des textes des grands penseurs provoquent le constat paradoxal de leur impossibilité en tant qu’utopies et de leur résonance dans une époque de dissidence, de désaccord et de déclin.

critique

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