ART | EXPO

My Winnipeg

23 Juin - 25 Sep 2011
Vernissage le 22 Juin 2011

La Maison Rouge inaugure un nouveau cycle d’expositions consacré aux scènes artistiques de grandes métropoles périphériques. La première ville mise à l’honneur sera Winnipeg, capitale du Manitoba (Canada).

Ed Ackerman, KC Adams, Sharon Alward, Aliza Amihude, Graham Asmundson, Louis Bako, Ballingall-Benesiinaabandan,Daniel Barro, Esaias Beardy, H. Eric Bergman, Shary Boyle, Eleonor Bond, Joanne Bristol, Paul Butler, Kelly Clark, Deco Dawson, Shawna Dempsey et Lori Milan, Aganetha Dick, Dan Donaldson, Michael  Dudeck, …
My Winnipeg

Winnipeg signifie en langage Cree «eau boueuse». Loin d’être englués par un tel nom, beaucoup d’habitants de la ville ont l’esprit créatif. Terre natale d’une jeune génération d’artistes reconnus, comme Marcel Dzama et la Royal Art Lodge, Kent Monkman, le réalisateur Guy Maddin et tant d’autres, la ville fut aussi le berceau du mouvement «Prairie Surrealism» (Surréalisme des prairies), de figures historiques canadiennes telles qu’Ivan Eyre et d’artistes influents comme par exemple le photographe spiritualiste J.G. Hamilton. La création de cette région tire autant son inspiration des grandes prairies du Nord du Canada, autrefois peuplées des indiens Crees et Métis, que de la mélancolie teintée d’humour des immigrants qui se sont installés dans la Province tout au long du XIXe et du XXe siècle.

Au-delà d’une exposition de groupe, «My Winnipeg» est une tentative de cerner un espace spécifique de création à la lumière d’un large corpus d’oeuvres témoignant de la multiplicité des médiums employés par les artistes winnipegois (peinture, vidéo, performance. installation, photographie). Arts visuels, cinéma, musique, mais aussi histoire, sociologie, économie et même météorologie seront convoqués.

L’exposition s’ouvre sur des vues de Winnipeg prises par le réalisateur Noam Gonick pour son film Strycker. Une vision panoramique qui mène le visiteur au projet curatorial de Sigrid Dahle composé d’archives sur la capitale du Manitoba. Prenant la forme d’une exposition dans l’exposition, le projet de Sigrid Dahle dessine un portrait de la ville où se mêlent histoire, géographie, climatologie, sociologie et art.

La Royal Art Lodge est un collectif d’artistes créé en 1996 par six jeunes artistes de l’Université du Manitoba. Leurs oeuvres sont habitées de personnages hybrides, inspirés par la bande dessinée, la science fiction, le cinéma noir ou d’horreur, et l’univers télévisuel (comme «The Mupet Show») dans lequel ont baigné les artistes pendant leur enfance.

Le paysage est l’une des grandes thématiques qui traversent l’exposition.
Depuis les premières peintures de paysage du «Group of Seven», qui rassemblait dans les années 1920 les pionniers d’un nouvel art canadien, ce genre n’a eu de cesse de se renouveler à Winnipeg. Récemment, l’artiste Diana Thorneycroft s’est réappropriée les paysages du Group of Seven et a créé des dioramas ayant pour toile de fond les peintures du groupe, soulignant de la sorte les relations qui s’opèrent entre paysage canadien et identité nationale.
Dans les années 1970, «l’Indian Group of Seven», regroupant des artistes indiens, avait aussi repris cette tradition de la peinture de paysage, avec l’ambition de célébrer la culture indienne, en mettant notamment en place un programme destiné à développer l’émergence d’une scène artistique autochtone.
La culture autochtone est également au centre des préoccupations de Kent Monkman, artiste d’ascendance Cree, qui n’a de cesse de se mettre en scène dans ses peintures et ses installations, avec humour et décalage, pour traiter de la question coloniale.
Elle est encore présente dans certaines oeuvres de Wanda Koop, comme ces deux feux qui crépitent toujours dans la nuit sur les bords de la rivière Rouge qui traverse Winnipeg.
Simon Hughes, Eleonor Bond, KC Adams, Bob Kovitz, Shawna Dempsey et Lori Milan, Sarah Anne Johnson, formulent d’autres formes de paysage, du paysage intérieur et intime aux profondes perspectives du Nord du Canada ou de la métropole.

Artiste et galeriste itinérant, Paul Butler organise depuis plus d’une dizaine d’années des Collage Parties, invitant le temps d’une exposition artistes et visiteurs à réaliser des collages à partir de publications tirées des masses médias.

Le célèbre réalisateur Guy Maddin présentera onze courts-métrages, en noir et blanc, qu’il projettera sous la forme d’une installation intitulée Hauntings. Dans cette production récente, il continue de revisiter l’histoire du cinéma. Un médium selon lui hanté et nourri de projections, où les lieux et les évènements n’ont pas de réalité tangible.

Avec Winter Kept Us Warm, Noam Gonick envisage Winnipeg comme un territoire poétique du corps et du désir. A travers une sélection d’oeuvres produites par plusieurs générations d’artistes de Winnipeg depuis la fin du XIXe siècle, Noam Gonick souligne le paradoxe d’une scène artistique qui, tout en étant hors du mainstream international, est traversée par les mêmes questions esthétiques.

Dans l’idée de figurer cet «endroit» autre, entre une terre vaine et une utopie, ce chapitre aborde à travers différents media, de la vidéo au dessin, les multiples facettes de l’aura érotique et physique de la ville.

critique

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