DANSE | SPECTACLE

Mon amour

20 Mar - 24 Mar 2012

mon amour est une version hallucinée du Dom Juan de Molière dont il ne subsiste qu’une logorrhée infernale et saccagée. Mais c’est avant tout un poème, du rythme et de la couleur. Seul le geste est le véritable sujet de cette pièce chorégraphique et théâtrale.

Thomas Ferrand présente Mon amour, une pièce pour deux danseurs.

Éventuellement — pour ceux qui pensent encore que le « théâââtre » doit être parfaitement lisible et sensé — on pourrait parler de ce merdier infernal que représente le désir, qui est le moteur de toutes choses et de toutes les contradictions. Mon amour ne se définit pas.

C’est la première fois que le Projet Libéral de Thomas Ferrand s’empare d’un texte pré-existant et, qui plus est, d’un texte de théâtre, d’un texte aussi lourdement représentatif de notre théâtre national classique, c’est-à-dire: support d’insupportables redites.

C’est la première fois que Projet Libéral décide de cabotiner en live là où habituellement le jeu d’acteur est violenté, effacé, contredit. Et pourtant, mon amour reste une installation et une performance, dans laquelle Virginie Vaillant et Laurent Frattale sont lâchés comme des fauves. Ils débitent du texte comme on débite du bois, ils s’épuisent à dire quand leurs corps parlent tout autant. Des corps totalement immergés dans l’espace scénographique composé par Sallahdyn Khatir. Cette pièce a été conçue avec l’énergie d’un groupe de rock qui sort de son van, débarque en ville, improvise et lâche la purée.C’est le travail d’une équipe restreinte, occupée à fabriquer son mystère, cherchant un état de grâce et qui s’emporte dès qu’elle échoue.

Repères biographiques

Thomas Ferrand, metteur en scène, dirige la compagnie Projet Libéral depuis 2003. Son premier spectacle s’intitule Zarathoustralala. Il met en place différents laboratoires avant de créer sa pièce Idiot Cherche Village au Centre Dramatique National de Normandie d’après des entretiens qu’il réalise avec le philosophe Bernard Stiegler autour de la question de l’idiotie et de la singularité. S’ensuit différentes performances et installations dont: Un Hamlet de moins (2008, CDN de Gennevilliers), FRANCE (2009, Lieu Unique), SHOW? (2010, ménagerie de verre), Et les Vivant ne mourront pas (2010, actOral festival à Marseille et Paris).

Artiste associé à la ménagerie de verre, il a co-créé le spectacle Switch me off avec le chorégraphe Bernardo Montet au Théâtre National de Chaillot en 2009. En 2010, il a créé Extase de Sainte-Machine au festival les inaccoutumés de la ménagerie de verre et en 2011 il crée Je fais toujours confiance à l’inquiétude et à l’instabilité parce qu’elles sont un signe de vie après une série de voyages et notamment en Asie. En 2006 il a été l’assistant d’Eric Lacascade sur Les Barbares de Gorki dans la Cour d’honneur du Palais des papes pour Avignon 2006.

Il a fondé la revue d’arts MRMR (2003-2008) pour laquelle il a interviewé des metteurs en scène, des plasticiens et des philosophes. Auteur, il participe aussi à différentes revues telles que Mouvement, Stradda ou Obsena.

critique

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