ART | EXPO

Martin Barré/Bernard Piffaretti

17 Oct - 03 Jan 2016
Vernissage le 16 Oct 2015

Le musée des Beaux-arts de Nantes conserve une importante collection de peintures de Martin Barré. Cet ensemble permet de retracer les recherches de ce représentant majeur de l'abstraction de la seconde moitié du XXe siècle, depuis ses années de formation jusqu' à la fin des années 1970. Une cinquantaine d’œuvres significatives de Martin Barré et de Bernard Piffaretti sont présentées à la Hab galerie (hangar à bananes). Conçue en étroite collaboration avec Bernard Piffaretti et Michèle Barré, sur une idée d’Éric de Chassey, cette exposition propose un dialogue pictural et historique entre deux artistes de générations différentes.

 

Martin Barré / Bernard Piffaretti

L’importante collection de peintures de Martin Barré conservée au musée des Beaux-arts de Nantes constitue le point de départ de ce projet. Cet ensemble permet de retracer les recherches de ce représentant majeur de l’abstraction de la seconde moitié du XXe siècle, depuis ses années de formation jusqu’ à la fin des années 1970. Vingt-cinq œuvres sont issues des collections publiques françaises. Elles représentent presque toutes les périodes de la carrière de l’artiste disparu en 1993 – des années 1950 aux années 1980 – et offrent un aperçu de ses recherches plastiques dans toute leur ampleur et singularité.

Martin Barré propose depuis le début des années 1950 une démarche picturale d’une grande rigueur qui se caractérise par un équilibre subtil entre économie des moyens et matériaux, entre le contrôle absolu du vocabulaire et un certain jeu autour de l’imprévu. Dès 1960, il organise ses toiles en séries. Alors désireux d’expérimenter d’autres outils que le pinceau, il opte pour la peinture au tube qui permet une relation immédiate entre le corps et le pigment. Le geste est à la fois sans apprêt et impersonnel. L’accent est toujours mis sur le trait comme trajectoire, ce qu’il poursuit dans la série des peintures à la bombe dans les années 1960,avant de réintroduire la couleur à la fin des années 1970. Martin Barré interroge sans cesse les limites de l’œuvre dans l’espace par un ensemble d’expériences plastiques: l’écart entre chaque toile, la place du blanc et des bandes colorées, la fragmentation d’une forme géométrique dans des panneaux de formats dissemblables. Construite sur le jeu et ses variations autour d’un code, chaque œuvre étonne par sa faculté de renouvellement à l’intérieur de paramètres formels prédéterminés, il s’agit ainsi pour le peintre d’un moyen d’éviter et de contourner l’arbitraire de la composition.

Seront présentées en regard,des toiles de Bernard Piffaretti du milieu des années 1990 jusqu’à de très récentes réalisations. Né en 1955, l’artiste imagine dès 1984 la «méthode» qui va régler le destin de sa peinture. La toile est partagée en deux parties égales par un trait vertical. Bernard Piffaretti réalise une peinture sur un côté qu’il va ensuite essayer de refaire de mémoire de l’autre côté du tableau. L’intérêt de cette procédure ne réside pas dans l’exercice de la copie mais dans la répétition des gestes. Sont donc aussi répétés les actes imprévus ou accidentels qui restent directement visibles. L’exercice de cette deuxième exécution déjoue l’investissement pulsionnel de la peinture gestuelle, Bernard Piffaretti lui-même parle de refroidissement du geste. Le premier motif est le prétexte de la toile tout entière, ainsi le spectateur se trouve-t-il confronté à une peinture composée de tableaux «différents assez nettement pareils» face à une œuvre singulière.

La question du geste, de la trace, du temps et de l’espace dans la peinture, le jeu autour de l’accidentel et de la duplication ainsi que l’analyse des composants de la peinture sont des questions centrales pour ces deux artistes. Ce rapprochement de quelques grands moments du travail de Martin Barré de celui de Bernard Piffaretti donne l’occasion de porter une attention renouvelée sur leur démarche, elle permet aussi de mieux comprendre leur engagement respectif dans la construction d’une peinture qui oscille entre affinités et divergences.

critique

Martin Barré & Bernard Piffaretti