ART | EXPO

Les Succulentes

13 Sep - 08 Nov 2003

Sculptures «succulentes» faites d’aliments travaillés, malaxés, en décomposition: entre gaucherie et élégance, forme et non-forme, envie et dégoût. Les murs deviennent organiques, se couvrent de desquamations, de stalagmites et de stalactites.

Michel Blazy
Les Succulentes


«Du point de vue visuel, l’art de Michel Blazy est à la fois gauche et bizarrement élégant. S’affranchissant des disciplines conventionnelles telles que peinture et sculpture, il s’occupe des coins les plus inhabituels de la galerie: ça tombe du plafond, s’étale en une flaque au sol ou flotte en l’air irrégulièrement. Sculpture-stalactite (de carottes en décomposition), qui semble pousser du plafond, ou structure serpentine (faite en papier hygiénique), ondoyant, sinueuse, sur le sol, son travail court-circuite le partage habituel entre forme et non-forme. En dépit de son apparente modestie, il met en œuvre des effets visuels excessivement ambitieux: utilisés par Blazy, des matériaux humbles, comme une feuille d’aluminium ou des bulles de savon, peuvent produire un impact tranquillement sublime. Son travail brouille parfois aussi nos réactions de dégoût et plaisir – nous conduit, disons, à trouver un intérêt esthétique au rouge bleu pâle de la moisissure qui orne l’altération délicate d’une araignée modelée avec de la purée de légumes».

Extrait du texte de Ralf Rugoff, «The Missing Garden de Michel Blazy», in Michel Blazy, catalogue co-édité par Cimaise et Portique, Albi, Les Abattoirs, Toulouse, CCAC Wattis Intitute, San Francisco, Galerie Art : Concept, Paris, 2003, p.112.

critique

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