ART | EVENEMENT

Les Choses dont nous ne savons rien encore

17 Sep - 03 Oct 2010
Vernissage le 17 Sep 2010

Peintures, performances et installations in situ explorent le devenir de catégories qui ont marquées l’histoire de l’art du XXe siècle: le monochrome, la sculpture ready-made ou encore le rapport entre art et langage.

Communiqué de presse
Robert Barry, Pierre Bismuth, Damien Deroubaix, Ceal Floyer, Vincent Ganivet, IKHÉA©SERVICES, Guillaume Leblon, Charles Lopez
Les Choses dont nous ne savons rien encore

De la collection exceptionnelle du Centre national des arts plastiques se distingue paradoxalement une discrète boîte noire de métal, une simple armoire. Cet élément de mobilier et de rangement tout ce qu’il y a de plus banal se singularise néanmoins par son contenu. Il renferme ce qu’on appelle des protocoles, des instructions que laissent les artistes pour réactiver certaines de leurs oeuvres et qui prennent la forme de contrats signés, de cd-rom explicatifs et de programmes à
suivre à la lettre.

Neuf de ces pièces ont été choisies par les étudiants du programme de commissariat de l’Université Paris IV – Sorbonne et le Point Éphémère accueille cet ensemble à la matérialité instable. Ancien magasin de matériaux de construction, ce bâtiment, récemment réhabilité, devient le théâtre d’une réactivation de ses oeuvres, souvent confinées à un énoncé linguistique.

Si l’avant-garde historique a permis aux artistes de travailler avec les matériaux du quotidien et a donné naissance au ready-made, les années 1960 furent celle de la «dématérialisation de l’objet d’art». Le concept forgé par Lucy Lippard entendait dresser un état des lieux d’une période marquée par l’avènement de l’art conceptuel. La radicalité du geste conceptuel amenait à une nouvelle définition de l’art, récusant sa limitation à un simple objet, l’oeuvre étant d’abord et avant tout un processus mental se fondant sur le langage. Aujourd’hui les artistes repensent cet héritage en s’interrogeant sur les formes de leur production artistique.

Les oeuvres sélectionnées se réalisent toutes à l’aide d’un protocole de création. En déléguant la réalisation à un tiers, les artistes renouvellent la question de la genèse de l’oeuvre et dans le même temps celle du rôle de l’artiste.