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Les années 80, l’insoutenable légèreté. Photo, film

24 Fév - 23 Mai 2016
Vernissage le 24 Fév 2016

Avec des films et des photographies de ses collections, le Centre Pompidou propose une traversée de la décennie des années 1980. Une soixantaine d’œuvres de plus d’une vingtaine d’artistes sont réunies dans un parcours inédit, posant un regard critique sur la culture et la société de cette époque.

BazileBustamante, Agnès Bonnot, David Buckland, Ellen Carey, Clegg & Guttmann, Tom Drahos, Jean-Paul Goude, Hergo, Karen Knorr, Elizabeth Lennard, Joachim Mogarra, Patrick Nagatani, Paul de Nooijer, Alice Odilon, Florence Paradeis, Martin Parr, Pierre et Gilles, Présence Panchounette, Alix Cléo Roubaud, Sandy Skoglund, Unglee, Boyd Webb, Mark Wilcox
Les années 80, l’insoutenable légèreté. Photographie, film

Hétérogènes, insaisissables, douloureuses, fantasques, encore trop proches, aussi légères que graves, les années 1980 sont contrastées et paradoxales. Avec des films et des photographies issus de ses collections, le Centre Pompidou propose une nouvelle traversée de cette décennie. L’exposition réunit plus d’une vingtaine d’artistes et une soixantaine d’œuvres dans un parcours inédit.

De Florence Paradeis à Jean-Paul Goude, de Karen Knorr à Présence Panchounette, en passant par Martin Parr et Pierre et Gilles, les œuvres choisies entreprennent pour la plupart la critique de la culture et de la société selon des stratégies variées: ironie, mise en scène réaliste ou fantaisiste, pastiche, détournement du décor, ode à l’artifice…

L’histoire de la photographie des années 1980 reste, encore aujourd’hui, partiellement incomprise. Si les formes néo-documentaires («Ecole de Düsseldorf», mission photographique de la Datar) bénéficient d’une fortune critique globalement positive, il n’en est pas de même pour la photographie «fabriquée», mise en scène et éventuellement «baroque» qui représente une grande partie de la production des années 1980.

Au-delà du concept de post-modernisme, parfois trop englobant, les années 1980 voient l’émergence de nouveaux enjeux à la fois poétiques et politiques. L’hybridation, l’humour, l’ironie, l’érotisme et la nostalgie constituent autant de clés de lecture possibles pour la production artistique de cette période, en particulier dans le domaine photographique.

En partie dédiée à la scène occidentale et américaine des années 1980, très présente dans la collection du Centre Pompidou, cette exposition reflète l’ordre géopolitique et économique d’une époque dont les divisions idéologiques Nord et Sud, Ouest et Est, démocraties capitalistes et régimes totalitaires centralisés, seront balayées par l’avènement de l’économie globalisée.

En mélangeant les œuvres très connues avec celles qu’il faut redécouvrir, l’exposition nous fait rentrer dans l’esthétique et parfois l’iconographie populaire propres à ce moment et cette géographie.

En France, les années 1980 sont cruciales pour la photographie, en tant qu‘art et patrimoine. Institutions et collections photographiques majeures voient le jour ou se développent avec un élan nouveau.

Au même moment, monte sur la scène une génération qui veut abolir la division entre photographie et peinture, «les peintres-photographes», qui s’oppose au langage des générations précédentes. Cette nouvelle photographie, souvent très «pictorialiste» dans les pays occidentaux, développe des formes qui sont étroitement liées au progrès technique en la matière — l’accessibilité de la photographie en couleurs de bonne qualité, les possibilités offertes par le grand format ou encore l’instantanéité du Polaroïd.

La rencontre de ces nouveaux moyens de production avec la recherche de formes ou thématiques différentes de la photographie classique crée un autre paradoxe — les réalisations ouvertement anti-documentaires s’avèrent tellement conformes à la réalité dont elles sont issues que finalement elles en sont la meilleure représentation.

Vernissage
Mercredi 24 février 2016
Galerie de photographies, forum-1