ART | EXPO

Léger vent de travers

06 Mar - 02 Août 2009
Vernissage le 06 Mar 2009

Les peintures de Noël Dolla flirtent avec le kitsch, transformant en matériau artistique l’environnement le plus trivial : les serpillières, les mouchoirs, les plumes de coq, la tarlatane, les leurres, etc.

Noël Dolla
Léger vent de travers

Avec « Léger vent de travers »*, le Mac/Val consacre à Noël Dolla sa première grande exposition en France, du 6 mars au 02 août 2009, à Vitry-sur-Seine. Noël Dolla est fondamentalement un franc tireur ! C’est que l’artiste ne s’est jamais longtemps tenu à une seule manière de peindre.

Le caractère expérimental de son travail, sa perpétuelle capacité de mouvement, de relance impromptue des jeux de la peinture – du chaud / froid, du clivage en abîme, du détour biographique, du retour subreptice – sont des procédés constants dans son oeuvre. Pour le musée d’art contemporain du Val-de-Marne, Noël Dolla articule oeuvres récentes et pièces plus anciennes et donne naissance à une proposition artistique où le visiteur est convié à suivre l’itinéraire d’un peintre audacieux.

Le Mac/Val présente la première grande exposition en France de Noël Dolla – depuis sa rétrospective au Mamco de Genève en 2003 – artiste français majeur qui explore depuis 1967 les limites de la peinture et du statut de l’artiste. Cet artiste se déclare lui-même peintre « dans l’esprit de l’abstraction ».

Il met en effet à mal les distinctions entre l’abstraction et la figuration en déplaçant avec justesse le problème de l’abstraction depuis la question du style vers celle de la méthode et du modèle. Avec le temps, il a découvert que l’espace dans la peinture abstraite n’avait aucune direction et qu’il était par conséquent en « chute libre ».

Pourtant, une constante traversait son oeuvre : quelle que soit la direction qu’il choisissait, il subissait les forces de l’histoire et de la mémoire. « J’ai toujours eu l’obsession d’éviter la répétition, c’est pourquoi j’ai investi plusieurs pratiques tout en mesurant comment un geste se construit par rapport au précédent… ».

Chez Noël Dolla, rien n’est jamais gagné d’avance. Rien n’est prévu ni prévisible. Il joue à la peinture en redéfinissant sans fin les règles de la partie. C’est sans doute ce qui donne à son travail cette déconcertante liberté, ce parfum de provocation intelligente. L’artiste invente une abstraction populaire, flirtant avec le kitsch qui transforme en matériau artistique l’environnement le plus trivial : les serpillières, les mouchoirs, les plumes de coq, la tarlatane, les leurres…

Mais les oeuvres pour lesquelles il s’est fait connaître à la fin des années soixante sont en fait très éloignées de la construction caractéristique du mouvement Supports-Surfaces qui leur a donné leur contexte d’interprétation premier. Cette utilisation de la vie comme matériau a aussi conduit Noël Dolla à travailler directement avec la nature.

Sans affirmation absolue ni velléité démonstrative, l’artiste nous pousse à nous interroger sur notre manière de regarder, nous obligeant à aborder la peinture dans une multiplicité d’espaces disponibles. « Pour l’art, il y a deux temps, celui de la vie, de l’artiste et celui du public, du collectionneur ; qui ne se rencontrent que quand il y a le temps de l’exposition » affirme Noël Dolla.

Professeur à la Villa Arson à Nice depuis 1974, Noël Dolla n’appartient à aucun groupe ou mouvement et même s’il enseigne il ne prétend pas faire école. Vient le temps de l’exposition, à l’invitation du commissaire Frank Lamy du Mac/Val, conçue autour (ou plutôt à l’intérieur) des productions les plus récentes (2002-2009) et des pièces plus anciennes, voire historiques, réunies dans trois trébuchets pensés comme des zones du cerveau, des pièges à mémoire.

Elle sera complétée par des oeuvres représentatives de son travail comme « le grand leurre » ou encore, pour les jardins, un étendoir ou une cabane de jardin ; des objets ménagers ou familiers qui réinvestissent l’histoire de la peinture, son histoire.

Son intitulé « Léger vent de travers » n’est pas sans évoquer l’esprit de cet artiste tout autant cabot que sensible (à la fois trublion et si profondément humain) et fait allusion à une pièce de 1991 créée pour le musée de Kaohsiung en Chine.

Article sur l’exposition
Nous vous incitons à lire l’article rédigé par Emma Crayssac sur cette exposition en cliquant sur le lien ci-dessous.

critique

Un léger vent de travers

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