ART | EXPO

Le Paysage ouvre à heures fixes

21 Fév - 07 Juin 2014
Vernissage le 20 Fév 2014

Les sculptures de Stéphanie Cherpin sont élaborées à partir de matériaux et d’objets ordinaires, qu’elle récupère et assemble, pour nous livrer une interprétation instinctive et personnelle du réel. Indissociables de la musique rock, elles incarnent l’écho physique du son, de sa plastique et de sa malléabilité.

Stéphanie Cherpin
Le Paysage ouvre à heures fixes

Comme le souligne Valérie Da Costa dans le texte qu’elle lui consacre, Stéphanie Cherpin appartient à cette jeune génération d’artistes qui n’hésite pas à se positionner délibérément en sculpteurs. Elle poursuit depuis 2006 une recherche sculpturale singulière.

Ses œuvres sont élaborées à partir de matériaux ou d’objets ordinaires, issus d’une fabrication industrielle (évier, caravane, chaîne métallique, mousse d’isolation phonique, poutre en polystyrène, planche à repasser, pot de fleur, conduit de drainage, escalier en bois, store en PVC, oreiller, cravate, etc.) que l’artiste récupère ou achète dans les zones périurbaines (commerciales, industrielles, artisanales). Pour créer ses sculptures, elle utilise le principe de l’assemblage.

Avec les matériaux de son temps, elle nous donne à voir sa propre interprétation du réel. Un réel qui n’est ni mis en récit, ni magnifié, ni monumentalisé, ni métamorphosé, mais plutôt livré sous une forme brute, presque instinctive. Elle considère que la sculpture est un travail de déconstruction et de reconstruction des masses et des volumes, comme le résultat d’un combat qui porte en lui toutes les traces du processus créatif. Le visiteur peut parcourir à son gré la mémoire de l’élaboration de l’œuvre. Il n’y a pas d’étapes intermédiaires, mais un engagement jusqu’au-boutiste qui conduit à une orchestration de gestes plus ou moins rapides, plus ou moins violents. «Je cherche un épuisement de la forme pour arriver à quelque chose de juste» précise Stéphanie Cherpin.

Au moment de la recherche de matériaux et parfois pendant l’exécution de l’œuvre, les mouvements sont portés par la musique qui semble, pour elle, indissociable de la sculpture. Les titres des œuvres font également référence à des paroles ou à des titres de chansons de groupes rock américains ou anglo-saxons tels que Nirvana, Sonic Youth, PJ Harvey ou encore Tom Wait, comme si la sculpture pouvait devenir un écho physique du son, de sa plastique et de sa malléabilité.

Pour cette exposition, l’artiste réalise de nouvelles sculptures en dialogue avec les salles voûtées de la galerie des Coopérateurs. Ces nouvelles œuvres sont mises en perspective par la présentation d’une dizaine d’œuvres antérieures, dont deux faisant partie des collections du Frac Limousin. Ainsi, même si la présentation ne respecte pas l’ordre chronologique, il est possible de retracer le parcours de l’artiste, son évolution, et la manière dont son vocabulaire tridimensionnel s’est progressivement mis en place. De nombreux dessins ponctuent également ce parcours.