Stéphanie Cherpin

Stéphanie Cherpin

Stéphanie CHERPIN — née en 1979 à Paris (France). Vit et travaille à Paris.

Stéphanie Cherpin est une artiste contemporaine française. Ses installations et sculptures incorporent des matières telles que le bois, le métal, le béton, la pierre, la toile, la corde, la peinture, le ruban adhésif… Autant de matériaux pouvant servir à construire, reconstruire, déconstruire des habitats précaires. Les œuvres de Stéphanie Cherpin semblent ainsi être empreintes de ses différents lieux successifs de résidence (entre la France et la Côte d’Ivoire, notamment).

Stéphanie Cherpin : aux lisières de l’Arte Povera et de l’architecture du précaire rafistolé

En 2010, Stéphanie Cherpin participe au Salon de Montrouge (salon annuel d’art contemporain émergent). Elle y expose Starving in the belly of a whale. Conçue sur le modèle d’un escalier (comme une colonne vertébrale), l’installation se compose d’abord d’une structure-ossature en bois de pin. Ensuite découpée à la scie sauteuse, la structure est peinte en noire et complétée de lattes de store. En soi, cette installation relève de la belle ouvrage. Mais le nom et l’évocation, par le ventre décharné de la baleine, de l’habitat de Jonas (gros poisson) ou de Pinocchio (requin), convoquent la précarité. Migrations et naufrages en Méditerranée s’invitent au festin imaginaire. Pour l’exposition « De la Neige en été » au Confort Moderne en 2011, Cherpin avait exposé Heaven is a truck. Soient des portes en bois lacérées-sculptées, des tiges pour béton armé, ainsi que des fragments de murs, venant s’agencer comme autant de décombres savamment disposés.

Installations (bois, toile, métal…), habitats et appropriations

Stéphanie Cherpin a souvent emprunté le titre de ses œuvres à des musiciens populaires. Tom Waits, Pavement, Nirvana, Sonic Youth… Comme autant d’hommages ou de palimpsestes légendaires, à la façon des pagures. Ces crustacés, plus connus sous le nom de bernard l’hermite, empruntant leur habitat au gré des opportunités et trouvailles. Au fil de ses œuvres et expositions, Stéphanie Cherpin développe ainsi tout un vocabulaire de l’appropriation, de la propriété. En 2016, la Galerie Thomas Bernard – Cortex Athletico présente son exposition personnelle « d’humeur à lâcher deux trois je t’aime ». Avec des œuvres organiques et singulières, comme distribuées dans l’espace de la galerie et en attente d’habitants temporaires. Epluche, Enfile (2016) se composait par exemple de restes, méconnaissables, de toile de tente. Au fil des expositions, les œuvres de Stéphanie Cherpin s’installent sur la scène française comme européenne : FRAC Limousin, artgenève, FIAC, Villa Arson, CAPC de Bordeaux…