DANSE | SPECTACLE

Last Meadow

25 Nov - 28 Nov 2010
Vernissage le 25 Nov 2010

Avec Last Meadow, le new-yorkais Miguel Gutierrez nous fait basculer de l’autre côté de l’écran, dans l’univers de James Dean, nous plongeant ainsi au coeur de l’inconscient américain.

Miguel Gutierrez
Last Meadow

Horaires: 20h30. Dimanche à 17h. 
Durée: 1h30

— Conception: Miguel Gutierrez
— Avec: Michelle Boulé, Tarek Halaby (assistés de Neal Medlyn, Alex Anfanger)
— Son: Neal Medlyn
— Lumière: Lenore Doxsee
— Costumes: David Tabbert
— Directeur technique: Mike Inwood
— Musiques: Lucas Reginald Grant Physical Attraction ; Madonna, Joe Henry and Stuart Price Jump (Jacques Le Cont Edit) ; Wolfgang Amadeus Mozart Requiem (direction Leonard Bernstein) ; Leonard Rosenman, musique de East of Eden et Rebel Without a Cause ; Dimitri Tiomkin, musique de Giant
— Textes: Miguel Gutierrez and East of Eden: Paul Osborn (scénario) d’après John Steinbeck; Rebel Without a Cause: Stewart Stern (scénario), Irving Shulman (adaptation) d’après une histoire de Nicholas Ray; Giant: Ivan Moffett (scénario) d’après Edna Ferber

(Spectacle en anglais surtitré en français)

Miguel Gutierrez se définit lui-même comme un artiste pratiquant la danse et la musique. Alternant projets solos, performances et pièces collectives au sein du groupe Miguel Gutierrez and the powerful people, il a imposé sur la scène new-yorkaise un style explosif, où l’implication du corps et le mélange des genres produit un trouble généralisé des interprétations, des discours et des fictions.

De À l’est d’Eden à Géant, en passant par La Fureur de vivre, James Dean laisse derrière lui l’image d’un acteur rebelle, sex-symbol ambigu reflétant les contradictions de l’Amérique. S’emparant du mythe, Miguel Gutierrez et ses deux complices jouent à emmêler les personnages, les musiques, les genres — comme s’ils s’étaient perdus dans les bonus d’un DVD piraté: voix et dialogue sont distordus, amplifiés, commentés ; les postures et les masques de la passion défilent et se combinent, oscillant entre grimace et sincérité.

L’énergie de la danse agit ici comme un contrepoint, permettant de relire le «grand bazar» de l’histoire collective américaine — ses gentilles filles, ses bons et ses mauvais garçons, ses figures de pères. Embrouillant en apparence tous ces fils, Miguel Gutierrez nous livre un véritable déchiffrage, posant un point d’ancrage contemporain dans cet inconscient Technicolor. Entre fresque épique, reconstitution fidèle et joyeux saccage, la scène devient cette «dernière prairie» (Last Meadow) — lieu utopique où mettre nos héros à nu.

critique

Last Meadow