ART | EXPO COLLECTIVE

L’Après-midi

04 Oct - 28 Déc 2015
Vernissage le 03 Oct 2015

Sous le commissariat de Mathieu Mercier, quatre artistes résidant à la Villa Arson sont réunis afin de développer ce qui à la fois les réunit et les distingue. Chacun d’entre eux aborde, avec l’Après-midi, un rapport étroit avec l’Histoire et la Modernité, rapport qui souvent s’inscrit dans la mise en évidence des distorsions de la réalité et de ses modes d’apparition.

Julien Dubuisson, Ibai Hernandorena, Lidwine Prolonge et Jean-Charles de Quillacq
L’Après-midi

«L’Après-midi» vise à restituer et à confronter les expériences individuelles aussi bien que collectives de quatre artistes résidant à la Villa Arson, dans le cadre du programme de troisième cycle 5/7 (pratique, production, exposition). Mathieu Mercier, artiste et commissaire invité, met en lumière la singularité de chacun tout en tirant les fils qui les ont rapprochés le long de leur aventure commune durant deux années. Chacun des artistes entretient un rapport particulier à l’histoire, qu’il soit généalogique, culturel ou fictionnel. C’est ainsi que leurs œuvres rejouent souvent des épisodes de la modernité dans le contexte contemporain.

Julien Dubuisson, né en 1978, développe une approche sculpturale qui questionne les conditions d’apparition des formes et les systèmes de pensée qui les précèdent. Ses créations adoptent des morphologies parfois difficiles à appréhender, en cela elles s’extirpent de toute interprétation s’appuyant sur d’éventuels prérequis. Ibai Hernandorena, né en 1975, conçoit des sculptures parfois imposantes, mais toujours sujettes à une forme de fragilité, ce qui lui permet entre autres d’interroger les utopies modernistes qui érigent et solidifient les époques, alors qu’elles ont fini par s’effondrer. Née en 1977, Lidwine Prolonge développe un travail oscillant entre performances, événements et archives, en s’appuyant sur des fictions qui altèrent notre conception du temps et de l’histoire, puis du réel. Enfin, Jean-Charles de Ouillacq, né en 1979, s’interroge sur le statut de l’image et sur ses intrications avec les apparences. Ici aussi, la réalité semble constamment devoir être réinterrogée, au risque d’être déjouée.

Chacun des artistes déploie un rapport singulier à l’égard d’une histoire qui se délite, car elle s’inscrit dans une forme de doute ou de remise en cause. Chacun d’eux s’intéresse explicitement à l’époque de la modernité car elle représente l’Histoire et un réservoir d’histoires pour eux qui, ayant grandi dans l’ère du post-moderne et de ses séquelles, forment la génération d’après. Aussi le terme «Après-midi» renvoie-t-il à la lancinance souvent heureuse et parfois mélancolique d’un moment intermédiaire, là où le jour est déjà bien entamé et où pointe la perspective d’une fin prochaine. En plus de souhaiter situer géographiquement leur travail dans ce midi de la France auquel appartient la ville de Nice, les artistes aspirent en effet à s’inscrire temporellement dans l’après que constitue le troisième cycle de la Villa Arson, représentatif pour leurs études et leur carrière.

C’est ainsi qu’ils ont participé durant deux ans à un programme de recherche et de production crée en 2013 et intitulé 5/7. Pascal Pinaud et Joseph Mouton, respectivement artiste et poète, tous deux professeurs à la Villa Arson, codirigent le projet. Durant leur longue résidence, ils ont pu profiter des infrastructures de l’école et du centre d’art comme de l’expertise des intervenants invités ad hoc. Mathieu Mercier a accompagné ces quatre artistes et conçu avec eux une exposition qui, respectant avant tout chaque individualité artistique, montre aussi le terrain commun de leur confrontation.

Commissariat
Mathieu Mercier

Vernissage
3 octobre à 18h

critique

L’Après-midi