ART | EXPO

La Répétition

15 Fév - 17 Mai 2015
Vernissage le 14 Fév 2015

La répétition fait l’objet d’appréciations contradictoires voire ambivalentes et c’est sans doute la raison pour laquelle elle fascine et passionne autant. Envisagée dans les œuvres présentées ici dans sa dimension performative ou sous l’angle de la duplication, elle révèle la façon dont nous considérons notre propre corps dans notre société actuelle.

Sachiko Abe, Marina Abramovic, Francis Alÿs, Claude Closky, Jimmie Durham, Esther Ferrer, Augustin Lesage, Steve McQueen, Bruce Nauman, Roman Opalka, Régis Perray, Magali Sanheira, Alain Séchas, Pierrick Sorin, Jana Sterbak
La Répétition

Le temps est une grandeur physique que l’on mesure en utilisant notamment la répétition de phénomènes naturels périodiques dont on connait la durée, ainsi, l’alternance du jour et de la nuit, le cycle des saisons ou les phases de la lune. Mais, comme chacun le sait, la perception du temps est aussi affaire de vécu. Dans son appréhension, convergent des données complexes d’ordre psychologique, physiologique ou culturel. Les notions de fréquence et de périodicité n’échappent pas à cette règle.

C’est pourquoi le Frac Franche-Comté, qui depuis 2006 construit sa collection et sa programmation autour de la question du Temps, consacre aujourd’hui deux expositions à la répétition, dont cette exposition thématique qui s’intitule tout simplement «La Répétition».

Dans le champ culturel, la répétition est un terme polysémique évoquant tout à la fois une séance de travail précédant la représentation publique d’un concert ou d’une pièce de théâtre mais aussi une technique de composition employée dans de nombreux courants musicaux contemporains marqués peu ou prou par l’œuvre d’Erik Satie.
Dans le domaine des arts plastiques qui nous occupe ici, la répétition évoque la citation, la copie, le double ou la sérialité. L’exposition proposée au Frac privilégie quant à elle ce phénomène dans sa dimension gestuelle et performative pour la première, et sous l’angle de la duplication pour la seconde.

La répétition fait l’objet d’appréciations contradictoires voire ambivalentes et c’est sans doute la raison pour laquelle elle fascine et passionne autant. Outre les chercheurs en médecine, physique, psychologie, neurologie, elle passionne les philosophes comme les écrivains ou les chorégraphes et naturellement les artistes visuels qui s’en sont emparés avec une «fréquence croissante» depuis le début du XXe siècle.

Dans les œuvres présentées au sein de cette exposition — produites pour l’occasion ou issues pour la plupart de collections publiques — la répétition se manifeste dans une fréquence quasi mécanique.
Le geste est fastidieux, laborieux, saccadé et monotone. Il semble souvent inutile, voire absurde… Pour autant, ces œuvres relèvent autant de la tragédie que du rituel voire du jeu d’enfant, du burlesque que de l’implacable discipline des arts martiaux. Elles sont révélatrices de la façon dont aujourd’hui dans notre société, nous considérons notre propre corps. Elles nous renvoient à notre propre condition. Elles disent enfin beaucoup de la fonction de l’art et du positionnement de l’artiste qui, faisant le choix de cette méthode, oscille entre autodérision, dépassement de soi et distanciation. Ici réside en somme la beauté du geste.