ART | EXPO

La Case vide

24 Avr - 29 Mai 2010
Vernissage le 24 Avr 2010

Luc Andrié organise un ensemble de peintures récentes telle une ronde de personnages, ou farandole, entrecoupée d’objets, vases ou porcelaine. Le titre de cette exposition renvoie à un espace vide que l’artiste met en mouvement pour jouer une farce absurde. Une case sur l’échiquier de la peinture.

Luc Andrié
La Case vide

«Les jeux ont besoin de la case vide, sans quoi rien n’avancerait ni ne fonctionnerait» Deleuze, (L’Ile déserte et autres textes, 1953-1974)

Né en 1954 à Pretoria en Afrique du Sud, Luc Andrié passe son enfance et adolescence au Mozambique. Aujourd’hui, il vit et travaille en Suisse où il enseigne à l’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne (Ecal). Son travail a été présenté, en exposition personnelle, au Mamco à Genève (2003), au Frac Languedoc-Roussillon (2005) et au Printemps de Septembre à Toulouse (2008).

Formé au cinéma, Luc Andrié a également pratiqué la photographie. Celle-ci constitue, aujourd’hui encore, une activité parallèle et le réservoir d’images au sein duquel il trouve les motifs de ses peintures. L’artiste en transforme, plus ou moins, le sujet principal qu’il dégage du trop plein environnant pour lui donner un isolement pictural. Il casse ainsi les repères qui permettent une identi!cation sans ambiguïté.

Les objets représentés, ou les personnages, semblent placés sous la lumière d’un néon, qui ne laisse pas d’ombre, égalise les surfaces, les gomme. Les personnages sont éblouis par cette présence excessive de lumière, comme le souligne le titre d’une série du peintre «L’Homme blanc n’a plus de peau». Luc Andrié sature les couleurs, les traite en aplats, les éteint et les révèle à la fois. Ses compositions sont parfois décadrées, souvent non centrées. La perspective s’échappe des lois qui la régissent. Notre regard doute de l’échelle. Les tableaux traitent d’effacement mais aussi de déguisement et de masque. Cette peinture déclenche en nous des incertitudes. Elle déstabilise notre regard par ses sujets et leurs traitements à la limite du «mal-peint» ce que
contredit une grande maîtrise.

Les portraits, souvent de face et en gros plan, sont ceux de personnes vivantes, d’amis… Certains semblent être des autoportraits, de par leur ressemblance avec l’artiste, mais, plus encore, peuvent être perçus comme une possible métaphore du peintre car le modèle ne se ressemble jamais tout à fait d’un portrait à un autre. Un point commun: il adopte des postures quelques fois grotesques, comme un simplet au regard ahuri, d’autres fois très sérieuses, mais à chaque fois elles traduisent un
malaise. Ces sont des personnages qu’il interprète lors de performances — un danseur, un acteur, un directeur, un employé, un Diogène, un artiste, un spectateur, un commissaire — autant de tableaux que de scénarios possibles…

A la Galerie Alain Gutharc, Luc Andrié organise un ensemble de peintures récentes telle une ronde de personnages, ou farandole, entrecoupée d’objets, vases ou porcelaine. Le titre de cette exposition renvoie à un espace vide que l’artiste met en mouvement pour jouer une farce absurde. Une case sur l’échiquier de la peinture.

Article sur l’exposition
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critique

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