ART | EXPO

Chroniques de l’invisible

10 Oct - 03 Jan 2021
Vernissage le 09 Oct 2020

Au Grand Café – Centre d’art contemporain de Saint-Nazaire — l’exposition «  Chroniques de l’invisible » interroge nos rapports à l’art et les conditionnements opérés par son institutionnalisation. La ville et ses alentours servent de matrice à une création « hors les murs ».

L’exposition « Chroniques de l’invisible » est la dernière étape du cycle des « Généalogies fictives » conçu par Guillaume Désanges. Cinq artistes – Ignasi Aballí, Ismaïl Bahri, Eva Barto, Edith Dekyndt et Lois Weinberger – sont intervenus au sein d’espaces publics ou privés qui n’entretiennent ordinairement pas de liens particuliers avec l’art. Seuls les « traces et les échos déformés » de ces interventions sont présentés au Grand Café.

« Chroniques de l’invisible » : une généalogie smithsonienne

Fondée sur l’absence en tant que présence en négatif, l’exposition dévoile les restes et les bribes d’une exploration hors de l’espace et des conditionnements de l’art. Cette démarche aboutit à « un objet, une action, un retrait ou une observation ». Non restreintes au seul périmètre du musée, ces investigations artistiques rappellent les dialectiques que Robert Smithson – figure tutélaire du Land Art — constituait avec ses « sites » (à l’intérieur du musée) et ses « non-sites » (à l’extérieur), qui brouillaient les frontières entre le musée et ses en-dehors, entre l’œuvre et sa documentation, ainsi que les hiérarchies potentielles telles que les distinctions entre l’art et le non-art. Ainsi, Ismaïl Bahri délivre dans l’espace d’exposition les indices de ses observations du monde extérieur ici cristallisé et différemment perceptible.

« Chroniques de l’invisible » : une portée libératrice

Les enjeux de ces travaux sont multiples. Ils mettent en lumière les rapports entre l’art et l’espace public. Hors du musée, les œuvres émergent des interstices et des entre-deux du banal, de la vie quotidienne, et de sa poésie aussi. Lois Weinberger construit ainsi un abri pour oiseaux au cœur d’un site industriel abandonné… Quant aux spectateurs, ils abordent diversement — comme des œuvres d’art ou non — ces propositions parfois imperceptibles, qui forment des « généalogies incomplètes, incertaines, toujours partiellement inventées ou fantasmées ».