ART | EXPO

Gloria

13 Avr - 25 Avr 2013
Vernissage le 12 Avr 2013

Ingrid Maria Sinibaldi joue avec l’héritage des avant gardes afin d’en «saisir l’essence, d’en comprendre les systèmes» et ce au travers de son travail sur les volumes, les masses, le rythme, le dynamisme des compositions, l’équilibre des masses, l’impression rétinienne et émotionnelle, tout en n’occultant ni humour ni nervosité.

Ingrid Maria Sinibaldi
Gloria

Après s’être confrontée aux grands formats avec une affection toute particulière pour le contreplaqué, jouant des aplats de couleurs vives et revendiquant haut et fort l’influence des maîtres modernes et anciens, bulldozers de l’histoire de l’art comme elle les nomme, Ingrid Maria Sinibaldi a fait évoluer son travail vers une forme plus intimiste, optant désormais pour une abstraction plus modeste allant jusqu’à la miniature.

Ingrid fait dans l’excès, sans concession. Les choses sont faites pour être définitivement grandes ou petites, noires ou blanches, rondes ou angulaires, il n’y a pas de compromis possible. Et c’est tant mieux. Mais qu’on ne s’y trompe pas le message est toujours anastatique et après avoir rempli l’espace de ses pièces monumentales, son travail atteint une maturité certaine où elle nous redit les mêmes choses en chuchotant avec la même force, la même énergie, la même jouissance. Et si Ingrid était, elle aussi, un bulldozer?

Ingrid Maria Sinibaldi, l’abstraction en deux temps
:
«Au commencement, il y eu les Reliefs, œuvres hybrides nées des amours trépidantes d’une scie sauteuse, au mordant incontestable, et d’un contreplaqué bien costaud. Par force –il y a du Wahrol et du Stella dans leur A.D.N– leurs formes furent simplifiées et glycérotisées par des couleurs franches.

Depuis, leurs figures libres gesticulent jusqu’à la désarticulation et oblitèrent l’espace des traces de leur transe. La Mort, entrée dans la danse, n’y est pas morose, elle ose le rose et s’acoquine au jaune et au turquoise. Relookée tendance Pop’art, les traits lissés et le teint frais, les vanités liftées et le crâne bien propret, elle se déhanche allègrement et se donne des allures de cartoon.

Dépoussiérée aussi sa cohorte de squelettes sans âge: revigorés, santiags bleu cyan et chevelure électrisée, sex-appeal rutilant, ils ne manquent de rien: les multiples d’Eros et la belle Thanatos s’éclatent en Pantone… Car les Reliefs de l’artiste niçoise, telles d’improbables fêtes baroques, poussent la peinture au paroxysme de la couleur et la projettent dans l’espace où elle démultiplie la forme et nous sidère.

Ainsi, de bacchanale en carnaval, cette jeune femme gracile, sans dieu ni maître, démantèle le réseau de ses phantasmes –et des nôtres. Car Ingrid Maria Sinibaldi est une éclaireuse, un passeur de la trempe de ceux qu’elle nomme les buldozers et sait où aller pour prolonger leurs trajectoires, sans craindre les bifurcations. Preuve en est lorsqu’à la faveur d’une résidence en Chine, elle abandonne les formats monumentaux, la couleur et la figuration qu’elle avait déjà abstraitisée, pour entrer de plain-pied dans l’abstraction, la vraie, déclinée en noir et blanc sur petits formats.

Changement radical, sans concession à un ego brusquement mis en jachère, métamorphose absolue, si ce n’est une constante: la ravissante plasticienne ne cesse de nous désappointer et de nous séduire par une esthétique singulière. Non plus ici de la déjante mais de l’équilibre, dans un revirement où rien ne perd en élégance et où tout atteint à la délicatesse extrême…

A être passée de la Rock’n roll à la Zen attitude, Ingrid Maria Sinibaldi n’en a pas pour autant fini de chahuter les codes et son langage original, déroutant et réjouissant à la fois, garde des accents de paradoxe et d’oxymore. L’abstraction réinventée? Assurément. Avec audace, pertinence et beaucoup de talent.»
Catherine Mathis, PerformArts, mars 2012

Membre du réseau Botox(s).

Vernissage
Vendredi le 12 avril 2013 à 18h30