ART | EXPO

Une histoire de femme et de fil

18 Sep - 26 Oct 2019
Vernissage le 18 Sep 2019

L’exposition « Une histoire de femme et de fil » met à l’honneur à la Maison des arts de Châtillon les œuvres textiles de Fanny Viollet. Depuis les années 1980, celle-ci s’emploie à valoriser des techniques artisanales considérées comme désuètes et proprement féminines en les amenant dans le champ de la création artistique.

L’exposition « Une histoire de femme et de fil » à la Maison des arts de Châtillon revient sur la carrière et l’œuvre atypiques de Fanny Viollet qui, depuis quarante ans, développe une pratique de l’art textile qui vise à amener dans le champ de la création contemporaine des techniques artisanales liées à ce qui est traditionnellement considéré comme l’univers féminin.

« Une histoire de femme et de fil » : l’art textile de Fanny Viollet

La démarche de Fanny Viollet se lit comme un militantisme féministe en sens inverse : lorsqu’elle choisit, dans les années 1980, de présenter une maîtrise d’arts plastiques consacrée à la lettre brodée au point de croix puis de substituer à ses pinceaux du fil et des aiguilles, la broderie était complètement démodée et déconsidérée dans les milieux intellectuels.

Fanny Viollet entend pourtant préserver l’histoire de la femme qui coud, tricote, brode et la mémoire qu’elle transmet à travers ces gestes. En intégrant le travail du fil dans le champ de la création artistique, elle veut valoriser des activités mésestimées et reliées à l’univers féminin, et s’inscrit ainsi dans les revendications féministes.

Fanny Viollet amène le travail du fil dans le champ de l’art

L’œuvre intitulée Journal d’Ariane s’inscrit dans l’entreprise de sauvetage de l’ordinaire, du rebut et du désuet à laquelle se livre Fanny Viollet : depuis l’été 1985, l’artiste récupère tous les bouts de ficelle, brins de laine, corde, bolduc, fils et autres liens pour en faire des petites boules qu’elle répertorie et met en scène.

La carte postale brodée intitulée Courbet – Origine du monde a entamé en 1996 la série des Nus rhabillés : des œuvres d’art reproduites sur carte postale sur lesquelles Fanny Viollet a ajouté, à la machine à coudre, une pièce de tissu. Ici, la petite culotte couvrant le sexe féminin peint par Courbet n’est pas dictée par la morale mais renvoie avec humour à l’histoire faite de dissimulation et de dévoilement du tableau, tout en soulignant combien, même rhabillé, ce sexe de femme demeure puissant, marquant et originel.