ART | EXPO

Ex Africa

09 Fév - 27 Juin 2021
Vernissage le 09 Fév 2021

A l’initiative de l’historien Philippe Dagen, l’exposition « Ex Africa. Présences africaines dans l’art d’aujourd’hui » témoigne, à travers plus de 150 œuvres, de la vivacité du dialogue entre la création contemporaine et les arts anciens des peuples africains. 

L’exposition «Ex Africa – Présences africaines dans l’art d’aujourd’hui», au musée du Quai Branly, est une initiative de l’historien et critique d’art Philippe Dagen, spécialiste des rapports que les avant-gardes occidentales ont, depuis la fin du XIXe siècle, entretenus avec les arts des peuples africains, amérindiens et océaniens. Les 150 œuvres de l’exposition témoignent d’un renouvellement, depuis les années 1980, des relations entre l’art contemporain et les arts africains.

« Ex Africa » : renouvellement du regard sur les arts africains

L’exposition « Ex Africa » interroge les transformations du regard artistique sur les œuvres africaines classiques. Les avant-gardes du XXe siècle percevaient souvent en elles de simples « réservoirs d’idées formelles ». Picasso, Matisse et les tenants du primitivisme s’inspiraient de l’esthétique de « l’art nègre », sans se préoccuper de ses sens politiques, religieux ou moraux. Sans non plus interroger le parcours qui a conduit ces œuvres dans les collections européennes, publiques ou privées. Depuis les années 1980, certains artistes abandonnent cette vision exotique, teintée de colonialisme, au profit d’une compréhension plus complexe des arts africains et d’une approche plus riche de ses significations dans la création contemporaine. 

« Ex Africa » : une approche politique des arts africains 

Plusieurs œuvres de l’exposition « Ex Africa » évoquent la traite négrière et la colonisation. Pour faire le lien entre passé et présent, des artistes européens puisent dans les langages artistiques de différents peuples africains. Annette Messager évoque ainsi l’exploitation des ressources africaines à travers la sculpture Attye avec Barbie (2020), composée d’une figure de la statuaire ivoirienne —  du peuple Attié — qui allaite une poupée Barbie. 

Le plasticien béninois Romuald Hazoumé évoque, quant à lui, l’émigration de la jeunesse africaine vers l’Europe. Son œuvre No Return (2020) se compose d’une large spirale formée de plus de 5000 tongs empruntées par des migrants qui se sont échouées le long des côtes du Bénin. Il réinvestit ainsi le symbole africain de la spirale — présent chez les As’hendo, les Lulua, les Batou, les Baluba, les Luba, les Manyiunguk, les Venda, les Bayala, les Dogon et d’autres — qui exprime la nécessité implacable de continuer à avancer. 

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