ART | EXPO

Ever living Ornement. Lancement du catalogue

12 Mai - 12 Mai 2012
Vernissage le 12 Mai 2012

Le catalogue de l’exposition «Ever living Ornement» se rapporte à la place de l’ornement dans la création artistique contemporaine. Il contient des images des expositions, des documents d’archives, et des textes critiques. A l’occasion de son lancement, un séminaire ainsi qu’une visite de l’exposition seront programmés.

Pierre Ardouvin, Michel Aubry, Cécile Bart, Christian Barani, Anthony Bodin, François Chastanet, Julien Celdran, Cocktail Designers + Sébastien Roux, Dector & Dupuy, Anne De Nanteuil, Nathalie Du Pasquier, Georg Ettl, Gusto, Séverine Hubard, Dorothy Iannone, Koerner Union, Fanette Mellier, Timo Nasseri, Angels Ribé, Adrienne Sabrier, Anri Sala, Olivier Sévère
Ever living Ornement. Lancement du catalogue

Commissaires d’exposition
Sophie Auger, Valérie Knochel et Jeanne Quéheillard

Le titre «Ever living Ornement» s’inspire du terme anglais «sempervivum ornaments» qui désigne les plantes vivaces décoratives, ceci pour insister sur la persistance de l’ornement comme fait humain universel et vital au carrefour de questions esthétiques et anthropologiques. Que ce soit à travers ses règles formelles d’apparition, ou comme art d’habillage et d’apparence, ou comme témoin d’une vitalité créative, l’ornement est un phénomène transversal et irréductible dans les arts visuels. Il participe de l’aspect du quotidien en tant que principe, action ou objet. Il déjoue les catégories de l’utilité et la fonctionnalité, du supplément et de la structure. Plus qu’il ne se détache, il permet de saisir en quoi il nous attache.

Cette orientation anthropologique aborde l’ornement en tant qu’expérience d’un phénomène actif et vivant. Elle met en avant, plutôt qu’ornement, ce qui fait ornement en puisant dans les productions contemporaines de l’art, du design graphique et de l’architecture.

À partir des œuvres, Jeanne Quéheillard, commissaire associée, explicite le parti pris adopté pour l’exposition. Ce qui se joue entre un support et son recouvrement, entre surfaces et motifs, s’appuie sur de nouvelles contingences telles que pratiques sociales, marques identitaires, migration de motifs, conceptions matricielles pour des expériences optiques et sonores. L’ornement est porteur de récits.

Le philosophe Jacques Soulillou (dans un entretien avec Jeanne Quéheillard), réaffirme les polarités conflictuelles de l’ornement. Extériorisation d’un rapport d’ordre et de dépense, il est la force d’affirmation d’un pouvoir ou d’un contre-pouvoir. Son histoire démontre la stratégie de déclassement du modernisme par la menace décorative qu’il contient. Par le spectacle qu’il suscite, l’ornement se développe dans un registre émotionnel sans cesse réactualisé.

Antoine Picon, ingénieur, architecte et historien, confronte l’approche traditionnelle vitruvienne à celle qui émerge avec les techniques numériques. Dans ce qu’il définit comme le retour à la question ornementale, il met en exergue «les nouvelles ressources de l’ornementation architecturale» dans leurs capacités à «redonner sens à l’action collective».

Pierre Ponant, historien du graphisme, progresse dans l’histoire des graphismes, en repérant l’effet de balancier entre des phases où l’ornement se fait révolutionnaire et contre-révolutionnaire. Jusqu’à des postures graphiques contemporaines où, particulièrement dans les industries culturelles et du luxe, au diapason d’une DubaÏsation de la culture, l’ornement a viré au décoratif, à une paupérisation et à un brouillage des signes propice à toutes les révisions de l’Histoire.»

Pour Thomas Golsenne, historien d’art, le papier peint, support de décoration industriel et bon marché, est devenu depuis les années 70 une arme de l’avant-garde artistique. Il étudie ce renversement de perspective et les noces inattendues de la violence et de l’ornement que cela suppose.

Matinée: Séminaire
A l’occasion de la parution du catalogue de l’exposition «Ever living Ornement», Images Re-vues organise une demi-journée d’étude à l’Inha, consacrée à l’ornemental dans l’art contemporain.
Inha. 2, rue Vivienne. 75002 Paris

Salle Walter Benjamin
— Thomas Golsenne (Villa Arson, Nice), Les dangers du papier peint
— Jeanne Quéheillard (Commissaire d’exposition), Présentation de l’exposition «Ever living Ornement»

— Jacques Soulillou (Ministère des affaires étrangères), Greenberg au tapis. De Gottfried Semper à Présence Panchounette