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Étonnez-moi!

20 Oct - 24 Jan 2016
Vernissage le 20 Oct 2015

Loin d’être uniquement un photographe de célébrités, Philippe Halsman n’aura de cesse d’expérimenter et de repousser les limites de son médium. Portant un nouveau regard sur 40 ans de carrière, de Paris à New York, cette exposition rétrospective apporte un éclairage unique sur l’œuvre et le processus du photographe.

Communiqué de presse
Philippe Halsman
É
tonnez-moi!

Arrivé à Paris grâce au soutien du ministre français Paul Painlevé, Philippe Halsman y restera dix ans, jusqu’en 1940. Une décennie pendant laquelle il collabore avec les magazines Vogue, Vu et Voilà et réalise les portraits de nombreuses célébrités comme Marc Chagall, Le Corbusier ou André Malraux. Il expose plusieurs fois à la galerie avant-gardiste de la Pléiade, aux côtés de photographes comme Man Ray, André Kertész, Brassaï ou Laure Albin Guillot.

En 1940, l’invasion allemande met un terme à la carrière prospère de Philippe Halsman, qui trouve refuge à New York avec sa famille. Il y travaille pour de nombreux magazines américains dont Life, le premier magazine illustré uniquement par la photographie, qui l’entraînera à la rencontre des célébrités du siècle — Marilyn Monroe, Rita Hayworth, Duke Ellington, le duc et la duchesse de Windsor, Richard Nixon, Albert Einstein pour n’en citer que quelques-unes — et dont il réalisera 101 couvertures.

A Paris, Philippe Halsman expérimente les effets de lumière et de cadrage, suivant l’esthétique de la Nouvelle Vision. A New York, il s’adapte à la culture visuelle américaine qui privilégie une approche photographique directe et précise, présentant le visage sans effet de cadrage ni manipulations.

Philippe Halsman veut saisir l’essence du sujet avec un minimum d’artifices, cherchant à réaliser des portraits les plus naturels et expressifs. Il défend une approche «psychologique» du portrait. Conscient de l’effet que produit l’objectif de son appareil sur ses sujets, il favorise des séances de pose de courte durée, dans un cadre intimiste. Il insiste sur les qualités sensibles et humaines indispensables au photographe afin de rapidement cerner la personnalité du sujet, le mettre à l’aise et à son avantage.

Loin d’être uniquement un photographe de célébrités, Philippe Halsman n’aura de cesse, toute sa vie, d’expérimenter et de repousser les limites de son médium. Il collabore notamment pendant plus de 30 ans avec Salvador Dalí et invente la «jumpology», qui consiste à photographier des personnalités en train de sauter, offrant ainsi un portrait plus naturel et spontané de ses sujets.

Philippe Halsman se distingue par l’étendue de son champ d’activité: portraits, mode, reportages, publicité, projets personnels, commandes privées et institutionnelles.
La photographie de Philippe Halsman se caractérise par une approche directe, une parfaite maîtrise technique et un soin du détail, et son œuvre révèle aussi une grande diversité animée par une constante exploration du médium.

Il crée aussi des histoires photographiques sous forme de courts scénarios composés d’une suite d’images arrangées suivant un système de narration inspiré du modèle du film. Son travail personnel reflète davantage son goût pour l’humour, comme son premier livre d’auteur, The Frenchman (1948-1949) une interview humoristique de l’acteur Fernandel par une journaliste puritaine américaine fictive. Philippe Halsman crée un nouveau concept éditorial, le «picture book» (une question est posée à l’acteur et la réponse apparaît sous forme de portrait photographique) qu’il reprend cinq ans plus tard pour son livre Dalí’s Mustache (1954).

Au final, près de 300 images exclusives et documents originaux (planches et tirages par contact, épreuves préliminaires, photomontages, originaux et maquettes) sont présentés pour cette exposition rétrospective, apportant un éclairage unique sur l’oeuvre et le processus d’un photographe exceptionnel et atypique.

Philippe Halsman est né à Riga, Lettonie, en 1906. Il est décédé à New York en 1979.

Vernissage
Mardi 20 octobre 2015

critique

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