ART | EXPO

Espèces d’hybrides

23 Jan - 20 Mar 2010
Vernissage le 22 Jan 2010

Espèces d'hybrides regroupe des oeuvres qui singent ou évoquent des formes de la nature – végétaux, minéraux – tout en employant des matériaux industriels, principalement utilisés dans des usages quotidiens.

Guillaume Constantin, Vincent Ganivet, Laurent Perbos, Guillaume Poulain, Aurore Valade
Espèces d’hybrides

Espèces d’hybrides est une série d’expositions organisées par 40mcube comprenant les expositions personnelles de Samir Mougas, Lina Jabbour, et celles à venir d’Emmanuelle Lainé et de Stéphanie Cherpin, ainsi qu’une exposition collective réalisée en collaboration avec Buy-Sellf Art Club (Marseille).

La manifestation concrète et physique de cette idée de rencontre entre «la nature» et «l’industriel» se matérialise dans le terrain vague, sorte de no man’s land où subsistent de façon éparse les restes d’un monde industriel, abandonné par l’homme, et où la nature reprend progressivement ses droits. C’est dans ce genre d’endroit que l’on trouve par exemple du plastique, du polystyrène, du béton, tout comme une pratique particulièrement urbaine, le graffiti.

Dans cette exposition, les formes et les matières se contredisent. Ainsi les Souches (2008) de Laurent Perbos utilisent le plastique coloré des tuyaux d’arrosage tandis que La bille (2005) de Guillaume Poulain représente un tronc d’arbre débité en plusieurs plaques de polystyrène. Guillaume Constantin présente Don’t Let the Light Escape (2007), un rocher en polyéthylène (matière plastique la plus employée dans les emballages) conçu spécifiquement pour être taggé (et ici graffé par Shuck2) comme le sont ceux qui délimitent les parkings.

Quant aux photographies d’Aurore Valade, elles constituent un inventaire de plantes grasses provenant d’un jardin botanique abandonné. A l’instar de certains troncs d’arbres que l’on trouve dans les parcs, ces plantes sont gravées de prénoms, de dessins et d’insultes variés. Enfin, le bloc de béton vibrant Concrete Stone (2009) de Vincent Ganivet apparaît comme un vestige de construction, une ruine contemporaine.

Réunies dans un même espace ces oeuvres paradoxales constituent un paysage artificiel. L’exposition aborde l’inépuisable question de l’intervention de l’homme sur la nature et de la nature sur l’homme. Mais c’est finalement celle de la trace qui se pose ici, et plus particulièrement la trace de l’artiste sur son environnement.

critique

Espèces d’hybrides