DANSE | SPECTACLE

En chinoiseries

17 Nov - 19 Nov 2016
Vernissage le 17 Nov 2016

Interprétation personnelle de la pièce de Mathilde Monnier Chinoiseries, « En chinoiseries » est la première création de I-Fang Lin présentée au Centre Pompidou.

« En chinoiseries » donne l’occasion à I-Fang Lin de porter un double regard rétrospectif sur le travail de Mathilde Monnier, qui sert de point de départ à son propre spectacle, et sur son itinéraire personnel. En compagnie de François Marry, elle met en scène la rencontre de deux individus, de deux continents, du passé et du présent.

« Chinoiseries »

I-Fang Lin, originaire de Taïwan, vit en France depuis 1991 et se produit sur les scènes étrangères et françaises. Son arrivée a ironiquement coïncidé avec la création de Mathilde Monnier, Chinoiseries, dans laquelle cette dernière est accompagnée à la clarinette par Louis Sclavis. Chinoiseries, selon les mots de Mathilde Monnier, veut explorer « les contours d’une chorégraphie qui se déploie avec une précision du détail propre aux figurines chinoises ». Depuis lors, I-Fang Lin a eu l’occasion de collaborer à plusieurs reprises avec Mathilde Monnier et nombre d’autres chorégraphes tels Christian Rizzo.

« En chinoiseries »

Première création de I-Fang Lin, « En chinoiseries » prolonge l’oeuvre originale de Monnier en proposant une relecture de celle-ci. I-Fang Lin compose cette fois un nouveau duo avec François Marry, fondateur du groupe François & The Atlas Mountains. Duo peu surprenant, puisque François Marry et I-Fang Lin se sont rencontrés en 2012, et ont déjà collaboré à la préparation d’une série de concerts. Marry, qui met constamment au centre de sa scénographie le corps et ses représentations, choisit alors de travailler avec une chorégraphe qui lui permettra d’explorer de nouvelles possibilités de conduire les spectateurs vers un état contemplatif dans lequel on peut choisir de se laisser emporter par le rêve ou danser en groupe. Et « En chinoiseries » prolonge certainement ce thème du rapport au corps que doit exprimer la musique.

I-Fang Lin et François Marry se réapproprient donc la chorégraphie et la musique de la création originale. Tous deux tentent de donner forme nouvelle à une pièce qui désormais épouse les détails du parcours personnel de I-Fang Lin. « En chinoiseries » se veut rencontre entre deux personnes et deux continents, l’Asie et l’Occident, mais aussi nouvelle terre à habiter dans l’esprit de I-Fang Lin. Car celle-ci met en scène le récit de son arrivée en France, alors qu’elle ignore tout de sa langue, et la découverte de la danse contemporaine. Ainsi I-Fang Lin clôt-elle la création d’origine volontairement laissée inachevée, en y ajoutant une nouvelle partie de nature autobiographique.

« En chinoiseries » se présente sous la forme de brefs récits ponctués par des séquences de danse et propose de mettre en question le fantasme de célébrité qui anime tout artiste. Mais la pièce de I-Fang Lin nous conduit aussi à traverser les marchés de nuit taïwanais, les salles de karaoké du Japon, et nous fait entendre les récits populaires chinois.